Productions Agricoles

L’avenir de la filière volaille s’éclaircit

15 millions d’euros débloqués au premier trimestre 2014, création d’un fonds de stabilisation du revenu des éleveurs, possibilité de solliciter des aides européennes pour la promotion du poulet export. Les discussions du 22 novembre entre les professionnels de la filière volaille, le ministre de l’agriculture et Dacian Ciolos ont débouché sur des mesures concrètes.

Des représentants du Comité de liaison interprofessionnel de la volaille de chair ont participé vendredi 22 novembre aux côtés des deux opérateurs à l’export Doux et Tilly-Sabco à la réunion organisée par le ministre de l’Agriculture avec le commissaire européen en charge de l’agriculture, Dacian Ciolos. Le but étant d’évoquer l’avenir de la filière volaille export. Les échanges ont abouti sur des mesures concrètes permettant de rassurer les différents maillons de la filière.

Renouveler le modèle export

« L’export vers les pays tiers représente le quart de la production française de poulet. Il s’agit d’un élément clé de la filière et les difficultés auxquelles font face les exportateurs nous concernent tous, éleveurs, organisations de producteurs, accouveurs, fabricants d’aliments et salariés des abattoirs » a déclaré  Michel Prugue co-président du Comité Interprofessionnel de la volaille et président de la Confédération française de l’aviculture. Stéphane Le Foll et la délégation ont mis en avant la nécessité de renouveler le modèle de la filière export suite à la fin des restitutions, en s’appuyant sur trois objectifs : gagner en compétitivité au niveau des élevages et des abattoirs, consolider, développer et diversifier les parts de marché, et mettre en place des dispositifs pour faire face à la volatilité des prix sur le marché du poulet export.

Des actions nationales

Le ministre de l’Agriculture a rappelé les actions engagées au niveau national et les moyens mobilisés pour accompagner la filière : mise en place d’une enveloppe de 4 millions d’euros d’aide d’urgence pour les fournisseurs des opérateurs à l’export (dispositif finalisé le 21 novembre) ; mobilisation d’une enveloppe de 7,5 millions d’euros de subventions aux investissements dans les abattoirs de volailles. Les dossiers des deux opérateurs à l’export Doux et Tilly-Sabco sont prêts à être étudiés. Activation, avec les régions concernées, des crédits du Feader pour accompagner les investissements dans la filière et notamment dans les bâtiments d’élevage. Les discussions avec le commissaire européen ont permis de définir trois pistes de travail. Tout d’abord une aide exceptionnelle de 15 millions d’euros sera débloquée, au premier trimestre 2014, dans le cadre de la Pac actuelle afin de poursuivre l’amélioration de la qualité des poulets destinés à l’export.

Fonds de stabilisation des revenus

Ensuite, le commissaire a confirmé la possibilité de travailler à la mise en place, sur la base des crédits régionaux du Feader et de cofinancements privés, d’un fonds de stabilisation des revenus des aviculteurs impliqués dans la filière export. Il permettrait de prendre en compte les baisses de revenu subies par les producteurs qui font face à une forte volatilité des prix sur les marchés internationaux. La Commission s’est engagée à travailler étroitement avec la filière et les autorités françaises pour constituer ce fonds rapidement et si possible dès le premier trimestre 2014.

Enfin, la filière aura la possibilité de solliciter des fonds européens pour mener des actions de promotion du poulet export. Pour conclure, Gilles Huttepain, président de la Fédération des industries avicoles, estime que « le commissaire européen et le ministre de l’Agriculture français ont pris conscience du risque que représenterait l’effondrement de la filière export française. Les membres de la filière vont travailler dès à présent sur les différents projets. Toutefois, tout reste à faire et les membres du comité de liaison resteront extrêmement vigilants sur la mise en œuvre effective de ces propositions. » Nicolas Goualan

L’avis de Didier Goubil, Président du pôle avicole de la Chambre d’agriculture

Je constate que l’on a perdu beaucoup de temps. Si le ministre de l’Agriculture avait eu cette position, il y a six mois, on ne nous aurait sûrement pas retiré les restitutions. Avec 15 millions d’euros obtenus on est bien loin des 70 millions qui étaient dédiées à l’export. Tout cet emballage est encore très flou. On a beaucoup affaibli la filière export : reproducteurs abattus, chômage technique dans les usines, vides sanitaires plus longs chez les éleveurs… On aura du mal à pousser les producteurs à se moderniser et à investir s’ils n’ont plus confiance en la production.

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