L’élevage d’Hervé Merrer à Saint-Pol-de-Léon compte 120 vêlages en race limousine, avec un âge au premier vêlage à 2 ans. À côté, le producteur gère une activité de plantes en pot (EARL Les Serres de Kervezec). Il emploie son fils Antoine qui va bientôt s’installer avec lui et une autre salariée à temps plein, ainsi que des saisonniers.
Le Finistérien a commencé l’activité bovin viande en 2005 après s’être installé en horticulture en 2001, reprenant progressivement des surfaces autour de ses 3,6 ha initiaux. Il engraisse les mâles en taurillons (70 à 80 vendus par an). L’alimentation des bovins est basée sur de l’herbe, de la luzerne, du maïs ensilage, du maïs grain broyé et stocké en boudins, des céréales (orge et blé aplatis au fur et à mesure) et du tourteau de colza issu de ses cultures.

Pour faciliter le travail, l’éleveur a progressivement investi dans plusieurs matériels de distribution des aliments. Depuis 2014, il dispose d’une trémie mélangeuse distributrice (Duomix de chez Emily). « Elle nous permet de peser et mélanger les différents ingrédients de notre aliment maison : céréales aplaties, maïs humide, tourteaux de colza et complément azoté. Ces ingrédients varient selon les lots de bovins, et les fourrages à côté », notent les éleveurs.

Ration sèche en engraissement
« Au démarrage des broutards, à 8-9 mois, nous leur donnons de l’enrubanné de luzerne (plus dactyle ou RGH) à volonté, distribué en une fois par jour, plus l’aliment, donné en 2 fois. Nous commençons à 3 kg d’aliment/jour pour monter jusqu’à 7 kg. » Vers 14 mois, les jeunes bovins (JB) passent en ration sèche : aliment plus paille. « Nous mettons alors davantage d’azote dans notre aliment. » Du sel et du minéral sont également distribués et une cure d’hépatoprotecteur est réalisée pour soutenir le foie et améliorer la croissance.
Avec cette ration sèche, les producteurs estiment gagner 4 mois par rapport à une ration à base de maïs ensilage. « Sur la finition, la moyenne de GMQ dépasse 2 kg par jour », informent les éleveurs qui y voient un autre intérêt : « Il y a moins de compétition à l’auge. » Les JB sortent à un âge compris entre 16 et 20 mois pour des poids de carcasses de 480-490 kg. Le rendement viande est de 63-64 % et la note d’engraissement de 3. Depuis 10 ans, « nos JB sont commercialisés au Leclerc de Saint-Pol-de-Léon ».
Les ingrédients sont pesés et ajustés à chaque lot
Les femelles en engraissement et les veaux sous la mère sont également nourris avec cet aliment mélangé avec une quantité d’azote adaptée. En outre, « le godet mélangeur permet une distribution précise à 2 kg près, pour chaque case. » Hervé et Antoine Merrer l’utilisent avec un de leurs tracteurs qui sert aussi à la pailleuse. Mais il est adaptable sur mini-chargeuse ou télescopique. La distribution peut se faire à gauche, à droite ou les deux selon les modèles.
Godet désileur adapté à l’herbe et dérouleuse spécifique


Pour les ensilages, les éleveurs utilisent un godet désileur distributeur (Dis’Fib Emily). « En 2018, nous avons opté pour un fond avec tapis et démêleur qui convient aussi bien au maïs qu’à l’herbe. » En juin dernier, ils ont réalisé un nouvel investissement qui facilite le travail : une dérouleuse. L’outil permet « de mieux dérouler les bottes d’enrubannage et de foin » et fonctionne « à bas régime ». Avant, « nous utilisions la pailleuse qui nécessitait davantage de temps et de carburant pour faire cette distribution. » Des économies sont également réalisées dès la confection du fourrage qui est moins coupé : 14,50 € la botte avec 14 couteaux, contre 18 € auparavant avec 30 couteaux. « Quand les animaux sont en extérieur, les bottes ne sont pas déroulées mais mises directement dans un râtelier », précisent les producteurs.
Agnès Cussonneau


Silo et boudin
Depuis 3 ans, Hervé Merrer stocke un tas de maïs ensilage en boudin, réservé à l’alimentation des femelles, à partir de mi-août, pour un effet flushing avant la reproduction. « Je préfère utiliser ce type de conservation pour l’été, pour limiter les pertes en lien avec l’avancement (20 cm/j). Il est proposé par une ETA de Plounévez-Lochrist », souligne le producteur. Le reste de l’ensilage de maïs est stocké sur le tas d’ensilage d’herbe. Ce mélange est distribué en hiver aux vaches et génisses.De son côté, le maïs grain est broyé alors qu’il fait 32-35 % d’humidité, avant son boudinage. Il est conservé avec une forte densité en conditions anaérobies. C’est l’ETA Pinchon, de Plougonven, qui réalise cette prestation chez Hervé Merrer. « Pour empêcher les dégâts des oiseaux et rongeurs, nous ajoutons sur le plastique du boudin une toile plus un filet au-dessus. » L’éleveur précise que cette solution est économique car elle permet « de ne pas investir dans un silo et de ne pas sécher le maïs grain ».
