Dossier technique

Les rations ajustées suite à la sécheresse

EARL L’Étang à Surzur (56) - Avec une année marquée par de très faibles rendements en maïs et moins d’enrubannage, Yann Grelet doit revoir ses rations. En parallèle, dans son nouveau bâtiment, le suivi des croissances et de l’alimentation est facilité. Et le confort des animaux comme de l’éleveur, accru.

un éleveur dans le couloir d'alimentation avec des taurillons de race parthenaise dans un bâtiment d'élevage bovin - Illustration Les rations ajustées suite à la sécheresse
Yann Grelet dans son bâtiment neuf, avec les taurillons d'un côté. | © Paysan Breton

Sur son exploitation de 170 ha, Yann Grelet gère deux productions animales : un cheptel allaitant en race parthenaise et un atelier porc de 130 truies naisseur-engraisseur. Pour des raisons de main-d’œuvre, il a fait le choix d’arrêter la production laitière il y a une dizaine d’années pour passer en bovin viande. Son cheptel s’est agrandi progressivement pour atteindre 100 vêlages aujourd’hui.

« J’ai choisi la Parthenaise car ma famille est originaire de Vendée et je connais bien cette race. Son rendement de carcasse et la qualité de sa viande sont appréciés par mes clients bouchers », indique l’éleveur qui fait aussi de la vente directe, à hauteur de 8-10 vaches par an.

Piloter au mieux les croissances

En début d’année, il a inauguré un nouveau bâtiment pour les bovins qui va lui permettre d’engraisser tous les mâles. « Auparavant, je manquais de place dans le bâtiment existant, les vaches taries et une partie des génisses restaient dehors l’hiver. Désormais, tout le monde sera rentré. »

Avec des espaces de contention bien conçus, incluant des parcs devant chaque case d’engraissement, le suivi des pesées va être facilité, permettant d’optimiser les rations et donc les GMQ. « J’ai aussi prévu un couloir de contention, un espace en demi-lune, une cage avec pesée et un ‘lève-tête’ pour l’administration des vaccins intra-nasaux. »

Le stock de maïs humide est fini depuis fin août

Les surfaces sont principalement en herbe (130 ha), avec 20 ha de blé et 20 ha de maïs. Habituellement, le producteur récolte 15 ha en maïs humide et 5 ha en maïs ensilage. « Mais cette année, du fait de la sécheresse, j’ai tout récolté en ensilage précocement et les rendements ont été bien inférieurs à la moyenne… » Ses stocks de maïs humide sont finis depuis fin août. Par ailleurs, plutôt que 1 200 bottes d’enrubannage en moyenne, cette année, 1 000 bottes ont été confectionnées. L’herbe est aussi stockée en ensilage.

De l’aliment dès le départ

Les veaux sous la mère reçoivent de l’aliment au nourrisseur, y compris au pâturage. Après le sevrage à 7-8 mois, les mâles sont allotés selon leur taille et sont alimentés avec de l’enrubannage à volonté plus un complément azoté contenant des tourteaux de colza, de soja et du lin. « Habituellement, ils ont aussi du maïs humide à volonté. Cette année, il sera remplacé par des céréales. Une partie de ma production de blé va être orientée vers les bovins viande plutôt que l’échange aliment porcs », note Yann Grelet.

La Parthenaise, dotée d’une petite panse, « a besoin d’une ration concentrée ». Les enrubannages (sur des prairies en RGA-trèfle ou RGH-trèfle) sont récoltés le plus tôt possible en saison pour une bonne valeur alimentaire.

La distribution des fourrages est assurée grâce à un godet désileur manipulé à la fourche du télescopique, tout comme la pailleuse qui peut accueillir soit des bigs, soit des rounds de paille. « C’est pratique. » Pour l’aliment, l’agriculteur utilise une brouette distributrice.

Un bâtiment large et ouvert

Une large table d’alimentation de 6 m sépare la stabulation : d’un côté, se trouvent les vaches et leurs veaux, et de l’autre, l’engraissement.

En ossature métal, le nouveau bâtiment est très ouvert sur les côtés et aux faîtages. Les premiers départs de taurillons qui ont eu lieu cette année concernaient des animaux de 15-16 mois apportant 440 kg de carcasse.

Agnès Cussonneau

Du temps gagné autour de la reproduction

Une bonne gestion de la reproduction contribue à une organisation du travail satisfaisante pour l’éleveur. « J’utilise 5 taureaux pour une reproduction en saillie naturelle exclusivement », souligne-t-il. « Les vêlages se passent sur 2 périodes : 40 se font en avril-mai et 60, d’août à octobre. Je me suis équipé avec des détecteurs de vêlage et une caméra à 360° dans la nouvelle stabulation. » Par ailleurs, l’aptitude au vêlage est favorisée dans les orientations génétiques avec le lait. Toutes les femelles font au moins un veau. « Je fais un tri après vêlage. » Pour les cultures, l’agriculteur délègue une grande partie à une ETA.


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