Assurance prairies : pour sécuriser son fourrage

L’été a été marqué par une canicule sans précédent, avec des conséquences directes sur la pousse de l’herbe dans de nombreuses exploitations. Dans certains secteurs, les prairies ont vu leur production fortement ralentie, voire interrompue, mettant sous tension les stocks fourragers dès le cœur de la saison.

Des vaches dans un champ - Illustration Assurance prairies :  pour sécuriser son fourrage
© Shutterstock

Au-delà de cet épisode, la répétition et l’intensification des aléas climatiques interrogent durablement les systèmes d’élevage. Sécheresses, excès d’eau ou encore inondations affectent de plus en plus régulièrement la production herbagère, fragilisant l’autonomie fourragère des exploitations.

Une exposition croissante confirmée sur le terrain

Les données observées ces dernières campagnes confirment cette tendance. Sur le territoire de Groupama Loire Bretagne, près de 80 % des exploitations ayant désigné un interlocu­teur agréé en 2025 ont été touchées par la sécheresse. Ces situations ont conduit à des indemnisations au titre de la So­lidarité nationale, illustrant concrètement l’ampleur du risque climatique.

Au total, plus de 14 000 exploitants agricoles sont aujourd’hui accompagnés sur ces enjeux, ce qui témoigne de la générali­sation progressive des dispositifs de gestion des aléas clima­tiques.

Une évolution du cadre d’indemnisation

Dans ce contexte, la réforme de l’assurance récolte redéfinit les équilibres entre solidarité nationale et couverture assuran­tielle. L’un des points clés concerne l’évolution du niveau d’in­demnisation des prairies non assurées.

La réforme de l’assurance récolte redéfinit les équilibres entre solidarité nationale et couverture assuran­tielle

À partir de 2027, le Fonds de Solidarité nationale ne couvrira plus que 28 % des pertes au-delà du seuil de déclenchement pour les prairies non assurées. Cette évolution réduit signifi­cativement le niveau de protection en l’absence d’assurance et modifie les stratégies de gestion du risque à l’échelle des exploitations.

L’assurance prairies, un outil de sécurisation

Dans ce nouveau cadre, l’assurance prairies apparaît comme un levier permettant de compenser les déficits de production d’herbe liés aux aléas climatiques. Elle s’appuie sur des indi­cateurs objectifs pour évaluer la pousse et déclencher, le cas échéant, une indemnisation.Elle ne remplace pas les leviers agronomiques (gestion des prairies, diversification des ressources fourragères, adaptation des systèmes ) mais vient en complément pour sécuriser le fonctionnement global de l’exploitation.

Anticiper pour préserver l’équilibre des exploitations

La récurrence des épisodes climatiques extrêmes confirme que la question fourragère devient un enjeu stratégique. Une baisse de production d’herbe peut rapidement entraîner des achats extérieurs, une hausse des charges et des ajustements techniques parfois contraints.

Dans ce contexte, l’anticipation s’impose comme un facteur clé. Elle passe à la fois par l’adaptation des pratiques et par une réflexion sur les outils disponibles pour faire face aux aléas.

L’assurance prairies s’inscrit dans cette logique de sécurisa­tion, dont la pertinence doit être appréciée au regard de chaque système d’exploitation et de son niveau d’exposition au risque climatique.


Tags :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article