Le 4 septembre, la ministre de l’Agriculture a présenté un plan de soutien d’urgence aux agriculteurs touchés par la sécheresse (plan CASI). Le fonds de gestion des risques (FNGRA) recevra environ 400 M€ pour l’indemnité de solidarité nationale (ISN), pour un besoin estimé à 520 M€ ; son acompte passera de 50 à 70 %. 300 M€ sont prévus pour le dégrèvement de TFNB (Taxe sur le foncier non bâti). Un ‘fonds de réarmement’ de 220 M€ ira aux préfets pour aider à la poursuite de la production ; 20 M€ iront aux prises en charge de cotisations. Le guichet d’aide aux engrais est prolongé jusqu’au 31 décembre, l’avance Pac passera de 70 à 75 %, et la période de référence assurantielle passera de cinq à huit ans dès 2027. Ces mesures sont financées par des économies dans le budget 2026 par le biais d’annulations et de gels de dépenses de l’État.
Les syndicats unanimes sur le fonds alloué
« Le compte n’y est pas », a réagi la FNSEA, qui appelle à « corriger le tir » ; son secrétaire général Hervé Lapie regrette l’absence de mesures bancaires, un « montant totalement insuffisant » pour les cotisations, et une ISN limitée : « Absence d’élargissement d’accès et d’indemnisation ». Les JA dénoncent « un premier geste qui reste insuffisant », les jeunes installés étant « les grands oubliés de ce plan ». La Confédération paysanne se dit « très en colère », jugeant le montant « très faible face à l’ampleur exceptionnelle de la crise » et rappelant que les fonds ISN relèvent du fonctionnement normal du dispositif ; pour elle, la « seule mesure nouvelle » est le fonds préfectoral, qui écarte « la question de l’adaptation de la production ».
Le compte n’y est pas
La Coordination rurale aussi juge ces moyens « insuffisants », estimant qu’il faudrait « plusieurs milliards d’euros pour sauver la saison agricole », et réclame « un véritable plan de sauvegarde », financé par « la réduction des déficits publics, par une remise à plat de l’organisation administrative de l’État », via « la suppression des doublons, la réduction du millefeuille administratif et la fin de la production normative inutile ». Elle réitère sa demande de suppression de l’OFB et exige que les aides Pac « soient versées et avancées au plus vite ».
Source : Agrapresse
Un plan de rebond à construire
Après son plan CASI dédié à l’urgence, le gouvernement doit présenter dans les prochaines semaines un « plan de rebond », qui doit notamment inclure les conclusions des Conférences de la souveraineté. Le montant de ce plan dépendra des débats budgétaires de l’automne.

