Les pâtures touchées par les sangliers

Chez Julien Tallec, une parcelle implantée en septembre a reçu la visite de sangliers. Et ce champ n’est pas un cas isolé.

Un homme dans une parcelle agricole visitée par des sangliers - Illustration Les pâtures touchées par les sangliers
Les dégâts sont impressionnants. | © Paysan Breton – F. Paranthoën

Dans une parcelle d’herbe semée depuis seulement 3 semaines, Julien Tallec regarde les dégâts réalisés par une compagnie de sangliers, avec une forme d’impuissance… Le sol est littéralement retourné, « c’est une pâture qui a déjà été attaquée », souligne-t-il. L’éleveur de vaches allaitantes de Brennilis (29) avait espéré réussir son implantation début septembre « avec le peu d’eau que nous avons reçu », mais une bonne surface de ce champ visité par ces suidés est désormais détruite. « Une fois que les maïs ensilages sont terminés, ils viennent sur les pâtures ». Le mélange de ray-grass anglais et hybride avait pour destination du pâturage « que j’espérais précoce » puis de la fauche, cette parcelle « devient impossible à faucher. En cherchant de la fraîcheur ou des vers, les sangliers ont fait remonter des pierres qui avaient pourtant été enterrées par un passage de rouleau lors du semis ».

90 % de mes champs sont plus ou moins touchés

Difficile de quantifier la surface impactée, « certaines parcelles présentent 2 000 m2 de retournés », d’autres le sont seulement par endroits. « 90 % de mes champs sont plus ou moins touchés », explique le Finistérien qui dispose d’environ de 80 ha de SAU pour nourrir à l’herbe son troupeau.

Privilégier les tirs de nuit

Parmi les solutions évoquées contre ces dégâts par l’agriculteur, la mise en place de clôtures électriques. Mais cette solution « coûte cher. Il faut 2 fils, monopoliser une clôture électrique, c’est difficile quand tous mes animaux sont actuellement dehors. Et s’il faut clôturer à chaque fois que l’on sème quelque chose, cela devient compliqué, surtout pour des semis d’herbe qui ne sont pas à forte valeur ajoutée comme le sont les autres cultures ». La mise en place de cages est une autre piste qui pourrait fonctionner dans la lutte, « mais il faudrait au moins une cage par commune et une personne agréée pour s’en occuper ». Enfin, les tirs de nuit sont « efficaces, mais ils ne peuvent être réalisés que par des lieutenants de louveterie. Or ces derniers ne sont que 14 sur tout le département du Finistère, sont bénévoles et ont une activité professionnelle à côté de ce bénévolat ». Pour ces tirs de nuit, Julien Tallec en appelle à multiplier les intervenants, en pensant par exemple « aux agents de l’OFB, qui sont également habilités ».

Fanch Paranthoën


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