Sur les 70 ha de maïs (13,5 t MS/ha) qui composent 70 % de la ration, le tassage est passé au crible. « L’ensileuse à 8 rangs permet de suivre le débit de chantier au tassage », explique Benjamin Le Clézio, un des trois associés de la SCEA. Le fourrage est haché fin, à 8 mm, « pour augmenter l’ingestion et améliorer le tassage ». Au silo, les associés font eux-mêmes le tas, avec deux tracteurs de 13,5 t et 8 t, pneus gonflés à l’eau à l’avant et masse à l’arrière, équipés d’une fourche à fond poussant, « par fines couches, sans trop monter au-dessus des murs, pour une bonne reprise à la Désil-Cube ». Résultat : une densité moyenne du silo de 299 kg/m3 à 37 % MS, soit au-delà de l’objectif de 260 kg/m3 fixé pour atteindre moins de 40 % de porosité.
Un tassage passé au crible
Conservateur et bâche renforcée
La nouvelle stabulation, associée au démarrage du Vector à l’automne 2025, a nécessité d’adapter les habitudes de travail : « Il est indispensable que l’ensilage reste stable et appétent jusqu’à l’auge afin d’assurer une ingestion maximale de la ration, tout en limitant les refus. De plus, enlever du chaud sur le silo et dans la cuisine n’est pas plaisant, car tout doit être fait à la fourche. » La cuisine est alimentée une à deux fois par semaine en période chaude, avec un risque de chauffe des cubes important s’il y a des reprises de fermentation. Les choucas, attirés par le tas d’ensilage de maïs, compliquent la donne malgré le double bâchage. L’exploitation a réagi sur deux fronts. Avec le recours à un conservateur Pioneer 11M55RR, inoculant à base d’un mélange unique de deux souches de Lactobacillus buchneri , spécialisé notamment dans la production de forte quantité acide acétique, acide similaire au vinaigre. Il agit donc comme un antifongique, en bloquant le développement des levures et moisissures dans les fourrages. Et avec une bâche neuve à très faible porosité (2 cm3 d’air par m2 et par jour), doublée d’un film sous-couche et d’un filet, et la protection également des murs du silo avec une bâche. « La combinaison des trois protections est un investissement vite amorti au regard du temps passé à enlever le moisi », estime l’éleveur.



Une qualité au silo mesurée par l’analyse du profil fermentaire
Un profil fermentaire réalisé en pleine canicule de juin (35 °C), trois jours après désilage du front d’attaque, confirme la stabilité du fourrage : 25,3 °C à 1 m de profondeur, 26,8 °C en surface, un pH de 4 et aucun point de chauffe relevé à la caméra thermique, que ce soit au silo, au niveau des cubes de maïs (à 26 °C au cœur et sur les pourtours), ou sur l’aire d’alimentation (25,3 °C). Les acides totaux atteignent 89 g/kg MS, dont 46 g d’acide acétique, assurant une ingestion maximale.
Carole David
Canicule : le troupeau et les cultures sous surveillance
Semé fin avril, le maïs est entré en floraison sans dégâts majeurs : « Nous avons été peu impactés par la mouche géomyza », note Benjamin Le Clézio, y compris sur les parcelles semées après le seigle implanté en Cive. « Les rendements s’annoncent moyens. » Côté troupeau, les 120 vaches produisent en moyenne 40 kg de lait. « Elles ont repris en lait depuis les phases de canicule, mais ont perdu en taux », précise l’éleveur.
