Chez Katell et Benoît Martin, deux robots de traite sont à la disposition des 125 vaches présentes dans le bâtiment. Le troupeau tourne à un niveau d’étable de 38 à 40 kg de lait par vache par jour. « Dans notre conduite intensive, une bonne santé des pattes est indispensable », tranchent les associés. Pour s’en assurer, les éleveurs se retroussent les manches et l’organisation est bien rodée.
Tous les mardis, c’est jour de bain de pieds
Antoine Jacq, le pédicure, passe toutes les six semaines depuis 2006. « À l’époque, les boiteries causées par la dermatite s’étaient intensifiées dans notre bâtiment vétuste, limité en place et en confort », se rappelle Benoît Martin. Depuis, le cheptel a migré en 2021 dans une nouvelle enceinte (122 logettes et 10 places sur litière) inaugurée en même temps que la traite automatisée. Après ce déménagement, les bonnes habitudes sont restées. À chaque session de parage, une vingtaine de patientes sont triées : « Les vaches approchant du tarissement, celles autour du pic de lactation et bien sûr celles que nous sentons sensibles sur leurs pieds », détaille l’éleveur.

Pédiluve prévu dès la construction de l’étable
Auparavant, les lésions de dermatite étaient régulièrement nettoyées et soignées en salle de traite. « C’était chronophage. La durée de traite était allongée. » Désormais, en système robot, tous les mardis matins au Gaec, c’est jour de bain de pieds. « Il n’y a pas vraiment d’autre choix pour contenir la maladie que de réaliser ces traitements collectifs », estime le Finistérien. Au fond de l’étable, dans le passage (5 m de long) entre les deux aires d’exercice, deux bacs successifs en béton de 700 L chacun ont été prévus dès la construction de la stabulation. « Il fallait que ce soit pratique à remplir et à vidanger. Un pédiluve, on ne le fait que si c’est facile à faire. Comme l’espace pédiluve fait partie de l’environnement quotidien des vaches, il n’y a pas de réticence : en 20 minutes, tout le monde a trempé ses onglons et nous vidons… », explique Stéphane Martin, salarié. Le premier pédiluve est rempli d’eau, le second de solution désinfectante. Les éleveurs utilisent deux produits aux matières actives différentes. Ils alternent une semaine sur deux par précaution, « pour limiter le risque de résistance ».


Les lésions nécrosées ont disparu
En prévention également, le passage des racleurs est programmé toutes les heures et demie : « Cela évite les vagues de lisier. Si les pieds sont crottés, la dermatite trouve des conditions plus favorables pour se développer. » Les efforts paient. « Il n’y a plus du tout de lésions nécrosées que nous avons pu rencontrer au départ », rapporte Antoine Jacq. Avant de préciser : « L’arrêt du pâturage, ici comme ailleurs, entraîne par contre davantage de besoin de parage fonctionnel sur les pieds avant. »
Toma Dagorn

Le bon endroit pour la cage
« En traite automatisée, les animaux sont généralement plus faciles à faire entrer dans la cage de parage car ils ont l’habitude de se retrouver au quotidien isolés dans un petit espace. Une cage ayant à peu près le même volume qu’une stalle de robot », rapporte Antoine Jacq, pédicure pour bovins. À destination des éleveurs, il insiste surtout sur l’importance de « trouver le bon endroit » pour positionner la cage. « Sinon le chantier devient une corvée quand les animaux sont difficiles à guider. » Si besoin, il recommande de prendre 15 minutes pour rapporter et installer une barrière supplémentaire pour faciliter l’approche des vaches.
Des vaches larges et stables
Depuis la mise en place de la traite robotisée, les associés du Gaec An Triskell insistent sur l’amélioration de la qualité des membres dans les accouplements. « L’angle du pied par exemple est un critère important », rapporte Benoît Martin. « Les pattes et les pieds des grandes vaches étant davantage sollicités, nous cherchons aussi à réduire la taille des animaux tout en conservant leur largeur, synonyme de capacité d’ingestion. »

