« Le marché des robots de traite est très concentré en Europe de l’Ouest et du Nord », explique Théo Martin, post-doctorant en sociologie à l’Inrae, lors de l’évènement Esaconnect organisé par l’Esa d’Angers. « Certains pays ont un taux d’adoption qui peut aller de 25 jusqu’à 33 %. C’est le cas de la Suède ou des Pays-Bas. La France est quant à elle à 19 %. Notre pays comptabilise d’ailleurs 17 000 robots actuellement. »Le chercheur s’est surtout intéressé au Royaume-Uni, dont le taux d’adoption de 7 % en 2018 était bien inférieur à celui de ses voisins européens. Les Britanniques pouvaient en effet à l’époque compter sur de la main-d’œuvre bon marché en provenance d’Europe de l’Est. « En moyenne, leurs fermes laitières comptent 250 bovins », ajoute Théo Martin. « Dans les mêmes années, les robots ont explosé en France car le cheptel moyen se situait parfaitement dans l’intervalle technico-économique des automates de traite. »Déplacer le travail sans le substituerÀ la suite du Brexit, le Royaume-Uni a subi une pénurie de main-d’œuvre : les emplois y étaient moins attractifs pour les Européens de l’Est, et les formalités d’embauche étaient plus compliquées.En raison de ces mutations du marché du travail, la traite robotisée a pris de l’ampleur outre-Manche.Cependant, le chercheur a démontré dans sa thèse que les robots n’ont pas pour autant remplacé les salariés. « Certaines tâches, comme la traite, ont bien entendu disparu mais ont laissé la place à davantage de contrôles sur les animaux et les machines. Le salariat était aussi plus attractif grâce à des horaires désormais plus adaptés aux normes sociétales. Enfin, les robots ont favorisé l’embauche de travailleurs britanniques plutôt qu’étrangers. »Alexis Jamet…
Les robots adoptés grâce au Brexit
Théo Martin, de l’Inrae, s’est intéressé à l’essor de la traite robotisée au Royaume-Uni après le Brexit.

