Jeudi 22 janvier, une délégation d’éleveurs s’est déplacée au cadran de Plérin (22) à l’appel du réseau FRSEA – Jeunes Agriculteurs de Bretagne. Elle a été accueillie par François Pot, président du Marché du porc français (MPF). « Tous les producteurs sont les bienvenus. Il ne faut jamais hésiter à venir ici poser des questions et échanger. Tous les jeudis, nous faisons un point de conjoncture en nous appuyant sur l’évolution des places dans le monde et bien sûr en Europe », a expliqué le Finistérien.
Pour nous, le VPF est une assurance minimum
10 millions de cochons en Catalogne
Actuellement, les regards du monde du cochon sont notamment tournés vers l’Espagne, où la Peste porcine africaine (PPA) a été détectée en Catalogne. Si le problème sanitaire est « bien contenu sur la zone d’origine », rapportait Julien Ligneau, animateur au MPF, les conséquences se font sentir sur l’ensemble de l’Europe. « Les portes des Philippines et du Japon, qui représentaient 20 % de l’export pour l’Espagne, sont fermées pour le moment. Malgré tout, leur filière garde une bonne activité, notamment vers l’Europe de l’Est. Leur politique de prix très agressive permet de garder un marché fluide. » Pascal Duault, directeur du MPF, ajoutait : « C’est une chance que les Espagnols aient signé la régionalisation avec la Chine quelques jours seulement avant le premier cas de FPA déclaré chez eux. » Ainsi, seule la Catalogne est privée du débouché chinois. Cette province représente tout de même 10 millions de cochons, « l’équivalent de la Bretagne », sur les 50 millions que compte l’Espagne. « C’est leur premier bassin de production mais aussi une zone présentant une grosse concentration de sangliers. »
Se battre encore pour le VPF
« Ce porc à 1 € du kilo en Espagne aujourd’hui nous fait mal. Les usines de grandes marques du secteur agroalimentaire en France ne se privent pas pour s’approvisionner là-bas et se détourner de l’origine France. On le constate dans les rayons de GMS que nous visitons », reprenait un représentant de Jeunes Agriculteurs. Pascal Duault rappelant au passage que le premier marché à l’export du porc espagnol est la France, avant la Chine. Dans ce contexte, Paul Auffray, président de l’Ifip, intimait « à se battre à nouveau » pour défendre et imposer l’origine France. « Le VPF est une assurance minimum. Sans cela, on suivrait le prix espagnol », terminait François Valy, président de la Fédération nationale porcine (FNP).
Toma Dagorn
Le prix de l’aliment interroge
« Les prix du blé, du maïs et du soja sont redescendus au niveau de 2019. Mais l’aliment est près de 60 €/t plus haut qu’à l’époque », pointe un éleveur. Carole Joliff rapporte que des travaux de la FNP sur le prix de l’aliment selon les régions montrent « une vraie différence défavorable » en Bretagne. « Il y a dix ans encore, dans l’Ouest, les éleveurs payaient 10 à 20 €/t moins cher qu’ailleurs. Aujourd’hui, c’est l’inverse quand on compare avec l’Aveyron et le Cantal par exemple… », précise François Valy.
