Le levier variétal pour limiter l’impact des grosses altises

Un colza robuste résistera mieux aux ravageurs. Aussi, certaines variétés hébergent des larves sans pour autant exprimer des symptômes graves.

20066.hr - Illustration Le levier variétal pour limiter l’impact des grosses altises
Différence de comportement des variétés sur l'essai mené à Faux-Vésigneul (51).

Pour mieux caractériser les variétés de colza, Terres Inovia évalue les variétés sur de nouveaux critères essentiels dans le cadre du projet Adaptacol, dans l’optique de lutter contre les ravageurs d’automne et particulièrement les grosses altises et leurs larves. La vigueur du début de cycle et la capacité de la variété à peu exprimer les dégâts de larves de grosses altises sont un levier pour contrer le ravageur. 

50 essais pour caractériser les variétés déjà utilisées par les agriculteurs, mais également celles en cours de développement, sont en place. L’évaluation de la vigueur consiste en une observation via une photographie par drone à plusieurs périodes sur certains essais variétaux. Ces photos permettent de distinguer deux vigueurs : la vigueur de départ qui caractérise la surface foliaire atteinte au stade 3-4 feuilles pour mieux résister aux morsures de grosses altises ; la vigueur automnale qui classe les variétés selon leur dynamique de croissance jusqu’à l’entrée de l’hiver pour un colza plus robuste face à la présence de larves d’altises.

Un écart de 15 à 20 % de surface foliaire à l’automne

15 à 20 % de différence

Au stade 3-4 feuilles, on mesure une différence de surface foliaire de 5 à 10 % entre les variétés les moins et les plus vigoureuses. Cet écart s’accentue pendant l’automne avec 15 à 20 % entre les extrêmes au stade 8-10 feuilles à l’entrée de l’hiver. On observe régulièrement une corrélation entre ces 2 vigueurs, mais cela n’est pas toujours le cas pour certaines variétés.

Sur les essais variétaux, des blocs sont suivis sans traitement insecticide pour observer les symptômes de plantes buissonnantes dus aux larves de grosse altise. En réalisant des mesures d’infestation larvaire par la méthode Berlèse et des comptages de plantes buissonnantes avant la floraison, des classifications de variétés sont possibles. En effet, certaines variétés présentent deux fois plus de larves que d’autres dans un même essai, mais n’expriment cependant pas la même gravité de symptômes avec moins de plantes buissonnantes. En allant jusqu’au rendement, l’écart entre des variétés traitées et non traitées confirme le bon comportement de certaines variétés face à larves de grosses altises. 

Ces nouveaux critères permettent de choisir ses variétés en fonction du risque de pression grosses altises de son secteur. Cependant, c’est bien l’ensemble des leviers qu’il faut mettre en place pour obtenir un colza robuste exprimant tout son potentiel.

Mathieu Dulot / Terres Inovia


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