Maintenir l’autosuffisance en viande de porc

Le porc subira-t-il le sort de la volaille et du bœuf ? Se faire trop discret dans les campagnes pour assurer l’autosuffisance en viandes ? Avec 101,8 % de taux d’auto-approvisionnement, on en est plus très loin.

18884.hr light - Illustration Maintenir l’autosuffisance en viande de porc
Inaporc présentera un plan en juin prochain pour répondre au défi de maintenir un taux d’autosuffisance de 100 % à horizon 2035.

L’autosuffisance en viande de porc s’effrite en France. Autrefois largement supérieure à 100 %, elle frôle désormais l’équilibre, seulement préservée en 2023 par la chute de la consommation : -3,8 %. Le porc a restitué les parts de marché qu’il avait prises aux volailles, pénalisées l’an passé par un manque de disponibilité (influenza aviaire). Malgré cela, la filière peine à assurer une production suffisante, qui diminue de près de 5 % cette année, fragilisée après deux années de chute des cours et des prix records des aliments. Elle souffre des normes aux conséquences économiques sous-évaluées, des recours systématiques devant les tribunaux administratifs des associations anti-viande lors de la présentation de projets de création ou de modernisation d’ateliers. La baisse de production devrait se poursuivre en 2024, en raison de l’érosion continue du nombre d’élevages. La balance commerciale se creuse en valeur, à près de – 500 millions d’euros sur 10 mois 2023, (vs -254,8 millions d’euros sur 10 mois 2022). La France importe des pièces nobles (pour en faire des jambons) et exporte des abats et des pièces avec os, essentiellement vers la Chine. 8 % de baisse en Europe La complexité et la durée des recours découragent des éleveurs et détournent les jeunes de l’installation. « 34 % des élevages sont actuellement détenus par des éleveurs de plus de 55 ans », prévient Philippe Bizien, président d’Inaporc. « Soit on nous permet de restructurer nos élevages pour répondre aux demandes sociétales, comme on le demande depuis plusieurs années, soit nous subirons une baisse drastique de production ». À l’image de celle subie dans l’Union européenne qui frôle les 8 % de baisse en 2023 en raison essentiellement des pressions environnementales élevées dans les pays du Nord. Le Danemark et les Pays-Bas, avec des modèles basés sur l’export (plus de 300 % d’autosuffisance) sont priés de revoir en partie leur copie. « Aux Pays-Bas, on…

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