17939.hr - Illustration Cap’AB poursuit ses recherches sur la chia 
Culture de chia en association avec du blé noir au 28 juillet (Plessala, 22).

Cap’AB poursuit ses recherches sur la chia 

Depuis plusieurs années, cap’AB – le service Agriculture biologique d’Eureden – réalise divers essais chez ses producteurs pour participer au développement de l’agriculture biologique en Bretagne. Pour la deuxième année consécutive, la culture de chia en conduite bio a été testée.

Six agriculteurs ont implanté de la chia pour la campagne 2023 pour un total de 18 hectares. Malgré un premier bilan de campagne mitigé en 2022, les deux producteurs ayant testé la culture ont reconduit les essais. Ils ont été rejoints par quatre nouveaux producteurs. La zone d’implantation en Ille-et-Vilaine et Loire-Atlantique a ainsi pu être élargie au Morbihan et au Centre-Bretagne.

Résistante et mellifère

Cultiver la chia en Bretagne est une découverte mais la plante semble bien s’insérer dans les itinéraires techniques locaux. La culture présente un cycle proche du blé noir. Elle est semée en mai et récoltée en septembre. Sur le plan agronomique, la plante est résistante, aucun ravageur ne la touche aujourd’hui. C’est une culture de printemps, de la famille des lamiacées, encore peu présente dans les rotations. La chia est aussi appréciée pour son action mellifère. 

Le défi de l’implantation

L’étape du semis est une première opération délicate. La graine de chia est de très petite taille. Le poids de mille grains (PMG) est autour de 1,9 g, soit deux fois plus petit qu’une graine de colza. Le réglage du semoir doit donc être minutieux pour assurer la bonne densité et la bonne profondeur. 

La culture a besoin d’eau pour favoriser une levée et un développement rapide. Des précipitations après le semis sont idéales. L’expérience nous montre des hétérogénéités de levée dues au réglage du semoir ainsi qu’aux conditions climatiques. 

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Culture de chia au 5 juillet (Guidel, 56).

La culture peut-être semée en plein ou en rang pour une densité de 4 à 8 kg/ha.

Afin de gérer la pression des adventices sur les parcelles semées en rang, il faut prévoir un à deux binages à environ J+15 et à J+20 après semis. L’écimeuse peut également être utilisée entre J+50 et J+100. Le passage de la herse étrille ou d’une houe rotative est déconseillé. D’autres parcelles, en association avec du blé noir, ont montré leur intérêt en apportant une bonne couverture de sol, au risque, cependant, de réduire le tallage des plants de chia selon la densité semée. 

Une campagne encourageante

En comparaison à 2022, la campagne 2023 a été plutôt bonne dans l’ensemble. Toutes les parcelles de chia ont pu être récoltées avec la technique du fauchage-andainage. Les graines, de 15 % d’humidité en moyenne, ont ensuite été séchées au silo cap’AB de Pleugueneuc ou par les producteurs équipés. 

Rendement de 850 kg/ha net

Les rendements ont été globalement bons, allant jusqu’à 850 kg/ha net (rendement cible 600-800 kg/ha). Il faudra attendre le passage des graines au triage optique chez Agrofün (partenaire pour le développement de la filière) et les résultats d’analyse qualité pour connaître les tonnages commercialisables en alimentation humaine. Les résultats semblent encourageants à ce stade.

L’équipe cap’AB / www.cap-ab.fr

Repère : la marge brute moyenne de la culture de chia AB se situe entre 1 700 à 1 800 €/ha (pour un rendement à 600 kg/ha avec fauchage-andainage, en itinéraire classique sans irrigation). 

La filière Chia de France

La chia est une plante originaire d’Amérique du Sud. Lancée en France par Agrofün, une coopérative située près de Toulouse, la production de chia française représente aujourd’hui environ 10 % de la consommation de chia en France. Très recherchée pour ses vertus (en Oméga 3 notamment), la demande pour de la graine de chia produite en France est en constante augmentation. La filière a donc pour ambition de relocaliser cette production afin de réduire l’empreinte carbone liée à sa consommation tout en proposant aux producteurs une nouvelle culture à valeur ajoutée. Pour le onsommateur, c’est aussi une garantie de qualité et de traçabilité des graines de chia.


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