Des serres chauffées au bois et au biogaz

14875.hr - Illustration Des serres chauffées au bois et au biogaz
Yannick Bernard dans la serre de la SCEA Saint-Nicolas, chauffée grâce au réseau d’eau chaude (tuyaux blancs).
La SCEA Saint-Nicolas, à Saint-Nicolas-du-Tertre, produit des tomates sous 3 hectares de serres. Celles-ci sont chauffées par une unité de méthanisation et par une chaudière bois.

La création de la SCEA Saint-Nicolas en 2014 découle de l’installation, deux ans plus tôt, d’une unité de méthanisation au Gaec des Friches, qui produit 3 millions de litres de lait près du bourg de Saint-Nicolas-du-Tertre. Les associés du Gaec cherchaient une solution pour utiliser la chaleur issue de la co-génération (production d’électricité et d’énergie thermique). Après avoir imaginé plusieurs projets de développement, ils se sont focalisés sur l’installation de serres chauffées. Restait à trouver le ou les candidats pour gérer une entreprise juridiquement indépendante de l’exploitation existante. « J’étais le technicien cultures du Gaec des Friches », indique Yannick Bernard, co-gérant de la SCEA Saint-Nicolas. « Le projet m’intéressait. Au départ, nous envisagions de produire des fraises mais cette culture ne demande pas assez de chaleur. Nous avons donc opté pour la tomate, avec l’appui de la coopérative Solarenn ». L’entreprise débute avec 1,5 hectare de serres, en 2014. Elle double sa surface couverte en 2018 pour produire 4 types de tomates conventionnelles : 350 tonnes de cerises et cœur de pigeon, 150 tonnes de cocktail, 700 tonnes de grappe. Aujourd’hui, Yannick Bernard et Steven Rolland gèrent la SCEA. Dominique Monneraye et Ludwig Guillemot, associés du Gaec des friches, sont associés non exploitants de la SCEA. L’entreprise emploie 18 ETP, dont 8 à contrat indéterminé (5 nationalités présentes sur l’exploitation).

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La chaudière bois utilise du bois plaquettes.

2 500 tonnes de bois sec consommées dans l’année

Un tiers de l’énergie thermique utilisée pour chauffer la serre provient de la méthanisation (les serres ont été installées à proximité de l’élevage ; seule une petite route sépare les deux entités). Le méthaniseur consomme 27 000 tonnes de biomasse dans l’année (effluents de l’élevage et déchets d’industries agroalimentaires locales). Deux tiers proviennent du bois déchiqueté, valorisé par la chaudière bois. « Il s’agit, pour partie, de bois issus de palettes industrielles achetées à proximité (secteur de la construction). Nous les recevons en vrac, nous les broyons sur place (par un prestataire) et les stockons sous un hangar couvert de panneaux photovoltaïques ». L’autre partie est constituée de plaquettes de bois forestier. Au total, 2 500 tonnes de bois sec sont consommées dans l’année. « Notre système nous permet d’économiser 4 à 5 €/m2 par rapport au système de chauffage classique au gaz. Cet hiver, nous n’aurions pas planté sans cette relative autonomie ». À terme, une partie de l’énergie photovoltaïque sera utilisée directement par la SCEA pour faire fonctionner divers matériels (pompes, moteurs…). « Avec l’augmentation du tarif de l’électricité, la charge a été multipliée par trois  ». Les producteurs réalisent également des économies sur la facture d’eau. « Nous avons un bassin de 7 000 m3 qui récupère les eaux de pluie (serres). Ces eaux récupérées représentent la moitié des besoins. L’autre moitié est pompée dans un forage ». Les associés étudient aussi la faisabilité technique et le coût de la récupération du CO2 de la méthanisation pour l’injecter dans la serre afin de favoriser la photosynthèse.

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La SCEA des Jardins de la Villeneuve produit 200 tonnes de tomates et 180 tonnes de concombres, en bio. À droite, le ballon d’eau chaude. (voir encadré)

Production sans pesticides

Les plants de tomates sont achetés puis cultivés hors sol. L’exploitation est qualifiée HVE 3. « Nous produisons sans pesticides. Nous utilisons des produits de bio-contrôle pour éviter les maladies, et des bourdons pour assurer une bonne pollinisation (une centaine de ruches par an)  ». Ces efforts sont rentabilisés par un prix supérieur de vente des produits. La SCEA a été récompensée, fin 2022, par un prix de la dynamique agricole organisé par la Banque Populaire de l’Ouest.

Un atelier de production bio, à 4 kms de la SCEA Saint-Nicolas

La SCEA des Jardins de la Villeneuve produit des tomates et des concombres bio depuis l’an dernier. Une chaudière bois permet de chauffer les 2 hectares de serres. 2 500 tonnes de bois plaquettes (essentiellement forestier), utilisées dans l’année, sont stockées sous un hangar couvert de panneaux photovoltaïques. Cette SCEA est gérée par Yannick Bernard, avec 2 autres associés. Elle emploie 3 CDI et des saisonniers. Le recrutement n’est pas un problème : 75 % des demandeurs préfèrent le modèle bio, selon les exploitants.

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