Cultures

Pomme de terre : « La sélection doit se poursuivre »

Bretagne Plants présente ses axes de travaux, toujours orientés vers des variétés plus tolérantes aux attaques. Le prix de l’énergie s’invite aussi dans la campagne, faire fonctionner les frigos coûte beaucoup plus cher.

« À force de voir des hybrides intéressants sur différents sites ou sur des essais à l’étranger, on détecte des plantes plus tolérantes aux stress hydriques », fait remonter Jean-Marc Abiven, responsable de la station de Ploudaniel (29) de Bretagne Plants. Les attentes des clients sont toujours fixées sur des résistances aux virus (type Y), mais s’orientent aussi vers d’autres préoccupations. « Les programmes de sélections démarrés il y a plusieurs années aboutissent, avec des variétés tolérantes au mildiou. Mais cette tolérance peut être contournée, la sélection doit se poursuivre », ajoute Jean-Yves Abgrall, directeur de Bretagne Plants.

Le taupin encore et toujours

« Les producteurs de plants belges regardent si les tubercules libèrent des substances qui attirent ou repoussent les taupins. La recherche anglaise nommée Enigma va aussi dans ce sens », fait observer Jean-Marc Abiven. La lutte contre ces coléoptères reste toujours d’actualité, Bretagne Plants explore sans cesse de nouvelles pistes. « Ce pourrait être par le levier variétal. L’an passé et dans un essai, nous avons constaté des résultats significatifs, avec des variétés qui attirent plus que d’autres. Pour exemple, Monalisa est plus sensible aux attaques ». Le petit vers orange grignote les tubercules et rend certains lots non exportables, ou demande du reconditionnement. Les trous favorisent enfin les réclamations lors d’exportations. Sur une campagne et pour la seule région Bretagne, les morsures sur les plants de pomme de terre engendrent une perte de 1,5 million d’euros.

Les plants ont eu chaud

Les cultures de plants de pomme de terre ont souffert des épisodes de canicule de l’été. Conséquence : « Ils ont eu chaud en terre dans une période de dormance, les tubercules peuvent être affectés et germer plus vite. La mise au frigo doit être rapide », note Jean-Yves Abgrall. Un coup de chaud s’est aussi fait ressentir sur le porte-monnaie des producteurs, « en 1 an, les coûts de production ont augmenté de 20 % ». Fertilisation, carburant, énergie… les impacts de la montée des cours touchent fortement la filière. À titre d’exemple et pour conserver les plants de pomme de terre, il fallait compter 8 € / t de plant en électricité en tarif réglementé, pour couvrir une période allant de l’automne au printemps. « Il faudra compter 20 à 25 € / t pour cette campagne », prévoit le directeur.

Baisse des surfaces en plants
La Bretagne est passée cette année à une surface de 6 640 ha en plants de pomme de terre, contre 6 775 en 2021. « La part des arrêts est plus importante que celle des installations. Certains producteurs ont aussi fait le choix de ne pas planter au printemps, à cause d’un marché incertain. La moyenne plantée par producteur est de 26 ha, en légère progression. Enfin, le bio couvre 399 ha », chiffre Jean-Yves Abgrall.
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