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Tensions sur les marchés mondiaux

Avec le conflit, les exportations ukrainiennes ont fortement baissé. En parallèle, les États-Unis prévoient une récolte de soja en hausse, mais une baisse des volumes de maïs.

« En production porcine, tous les acteurs ont baissé leur cheptel, sauf l’Espagne. Le pays profite de maïs à un prix plus compétitif en important de la marchandise des États-Unis, et dont la limite maximale en résidus (LMR) a été rehaussée », explique Yvon Pennors, directeur de Bunge France, entreprise spécialisée dans le négoce de céréales et d’oléagineux.

Lors de l’assemblée générale du groupement de porc Porélia, à Morlaix (29), le spécialiste des marchés mondiaux a détaillé les chiffres de production de graine des différents acteurs mondiaux. Sur les 400 millions de tonnes de soja produit dans le monde, 1/3 « provient des États-Unis. Si leur niveau de stock est très court, les prévisions de rendements pour la prochaine récolte tablent sur 3,5 t/ha, ce qui est correct ». Quand le Brésil produit 150 Mt et devient l’acteur majeur mondial, l’Argentine en récolte 51. « Le soja, c’est une affaire américaine », résume le responsable. En revanche, les récoltes de maïs seront sans doute en baisse outre-Atlantique. « Les USA ont diminué leurs surfaces ».

Du côté de l’Ukraine, aucune certitude sur la campagne en cours, mais des prévisions qui estiment une baisse de la production de maïs de « 42 à 26 Mt. Le pays exportait mensuellement entre 4 et 6 Mt de marchandise, il en sort actuellement environ 1,5 Mt ». Ce ralentissement des exportations complique la situation de pays importateurs. Thierry Pouch, économiste à l’Académie d’agriculture de France, prend pour exemple l’Égypte, pays « dépendant à 60 % de la Russie et à 26 % de l’Ukraine, au sujet de ses importations de blé. Les perspectives en termes de sécurité alimentaire sont peu réjouissantes », conclut-il. 

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