Comment garder la maîtrise face aux progrès techniques ?

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Hélène Tordjman, auteure de « La croissance verte contre la nature ».

Hélène Tordjman préconise une agriculture paysanne plutôt qu’un modèle basé sur la robotique et les nanotechnologies qui, selon elle, « font perdre leur autonomie aux agriculteurs ». Maîtresse de conférences à l’université Sorbonne Paris-Nord, Hélène Tordjman s’est penchée sur les origines et les conséquences du « capitalisme industriel qui se fonde sur l’extension permanente des marchés et sur la technique ». Dans son ouvrage intitulé « La croissance verte contre la nature », l’économiste remet en cause le modèle agricole dominant qu’elle qualifie « d’industriel ». Elle s’élève devant le nouveau paradigme de pensée qui, depuis 20 ans, « envahit nos visions de l’agriculture en se basant sur les NBIC ». Derrière ce sigle, figure le monde des Nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l’information et des sciences cognitives. Aussi appelée 4e révolution industrielle lors du forum de Davos en 2018, l’idée des NBIC véhicule que les nouvelles technologies pourront lutter contre les dommages écologiques. Les imprimantes 3D, l’intelligence artificielle, la robotique ou l’informatique quantique ont ainsi été proposées comme solutions aux problèmes environnementaux. « Qui maîtrise ces technologies maîtrise l’avenir selon cette pensée. Or, c’est une vision mécaniste et réductionniste, où émerge l’idée de transhumanisme ou de l’Homme augmenté, plus performant et plus rentable. La société est ainsi capable de gérer des masses, comme pendant le Covid avec la multiplication des QR Codes. Cette vision est tellement instrumentale que l’on pense concevoir une nouvelle nature, en créant de nouvelles formes de vie qui ne sont pas passées par les filtres de la sélection naturelle, et dont on ne peut pas quantifier les effets en cascade ». À titre d’exemple, la conférencière cite les travaux qui visent à « déséteindre » le mammouth laineux, car lui redonner vie permettrait d’entretenir de grands espaces comme la taïga, qui à son tour capterait du carbone ; ou encore le fait de fertiliser les océans en fer et en urée…

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