Edito

Revenu

Le faible niveau des revenus dans le secteur agricole est « un phénomène discuté en France depuis près d’un siècle », rappellent les économistes. En 1957, le Traité de Rome affichait d’ailleurs une volonté de parité des revenus entre le secteur agricole et les autres secteurs. Las, le compte n’y est toujours pas.
Les États généraux de l’alimentation ont remis en avant cette question des revenus agricoles. Avec, en corollaire, une étude approfondie, menée par le Centre d’études et de prospective du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, pour comprendre où le bât blesse.

Une observation liminaire ressort de cette étude : sur les 10 dernières années, le revenu au prorata du chiffre d’affaires est décroissant. Autrement dit, l’agriculteur doit en permanence accroître les volumes pour essayer de compenser. Souvent au prix d’une augmentation de la productivité du travail, particulièrement dans les élevages de ruminants. Mais les gains de productivité du travail ainsi réalisés « masquent une baisse de la productivité de l’ensemble des autres facteurs de production ». En particulier, l’efficience technique des systèmes de production, mesurée par le rapport des volumes de consommations intermédiaires et d’équipements utilisés par unité de volume de production agricole.

L’étude rappelle qu’il s’agit là d’une moyenne et pointe dans le même temps une grande hétérogénéité des revenus au sein de la ferme France : 10 % des agriculteurs les « mieux rémunérés » dégagent un revenu annuel avant impôt de 70 000 € et les 10 % les « moins rémunérés » doivent se contenter de 8 000 € par an. Autre enseignement de l’étude : sur les 10 dernières années, les aides représentent 77 % du revenu agricole français. Autant dire que les prix ne sont pas au rendez-vous.

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