ÉlevageIlle-et-Vilaine

Envisager une coprologie avant la période d’agnelage

Un mal pour un bien : une forte présence de strongles a amené à une modification de la ration des brebis laitières. Un ajout protéinique et énergétique qui s’est avéré favorable au pic de lactation et à la persistance laitière.

« Du ténia, on en a de temps en temps sur les agnelles. On observe le parasite lors des premières traites », commence Émilien Chaillou, installé avec 250 brebis laitières sur 70 ha en agriculture biologique depuis 2018, à Brécé (35). Un parasite qui s’élimine facilement avec un traitement anti-parasitaire.

Invasion d’Haemonchus

L’année dernière, après la période d’agnelage de juillet, les brebis – sans dynamisme ni appétit –, perdaient de l’état pendant la période d’allaitement des agneaux, malgré la complémentation à base de céréales, de maïs épi et de luzerne déshydratés et d’un complément azoté. « Certes, elles ont été éprouvées par le maintien de l’agneau sous les mères 15 jours de plus que les autres années, des difficultés de ramassage des agnelets ont eu lieu durant la période estivale. Les agneaux, après un mois sous les mères, ont finalement trouvé un débouché dans l’Aveyron. Mais il n’y avait pas que cela… Le pic de lactation était inférieur à l’année précédente. Au premier contrôle laitier, il manquait 200 à 300 g /brebis sur la lactation moyenne du troupeau », témoigne l’éleveur. À l’EARL Bêl’laine, 3 à 4 coprologies sont réalisées annuellement, « en général à la lutte (période de reproduction) ou au tarissement. Nous veillons à alterner pâturage et fauche sur les parcelles et à éviter le surpâturage… », rappelle Johanna Colleau, son associée. « Lors d’une visite de notre vétérinaire, il nous a conseillé de faire des coprologies à la sortie de l’été. Résultat : plus de 8 000 œufs de strongles par gramme de fèces. Haemonchus a été particulièrement présent l’année dernière, provoquant des œdèmes sous la gorge d’où son nom de ‘syndrôme de la bouteille’. Un traitement anti-parasitaire a remis la troupe d’attaque. Aujourd’hui, nous réalisons des coprologies tous les 2 à 3 mois pour suivre l’état de santé du troupeau et intervenir plus rapidement si cet épisode recommence ».

Une bonne persistance laitière

« Suite au traitement, certaines brebis ont repris 0,5 litre de lait/jour. Elles ont pu compenser dans le temps la perte d’état corporel subie. Et finalement, avec une ration bien adaptée les brebis se maintiennent entre 1 et 2 L/ jour, aujourd’hui, en cette période de lutte », ajoute le jeune éleveur. Des constats qui l’amènent à réfléchir sur sa stratégie d’alimentation l’année prochaine. Il envisage d’apporter plus de protéines en début de lactation dans sa ration par le biais des fourrages ou d’un supplément en concentrés. 

LE PARASITISME S’INVITE À LA JOURNÉE RÉGIONALE OVINE
Le GIE Élevages et les acteurs de la filière ovine bretonne organisent la Journée régionale ovine sur le thème de la « Maîtrise du parasitisme interne des ovins ». Elle se présente cette année sous forme de deux webinaires, les 18 mars (brebis) et 25 mars (agneaux et agnelles), de 10 h 30 à 12 h 30. Ces webinaires seront animés par Philippe Jacquiet, enseignant-chercheur en parasitologie à l’école nationale vétérinaire de Toulouse. Participation gratuite. Incription obligatoire par email : accueil@gie-elevages-bretagne.fr . Renseignements : Catherine Thomassin, 02 23 48 29 00. 

Des agnelages d’été en extérieur

Les brebis sont entrées dans la nouvelle bergerie isolée l’été dernier. Pas prêt pour les agnelages, ces derniers ont eu lieu dehors. « C’était sportif, surtout avec les agnelles. Nuit et jour, nous allions ramasser les mères et les agneaux pour les ramener dans la bergerie. Mais le résultat est concluant : nous n’avons subi aucune mortalité . »
La laiterie Triballat Noyal souhaitant du lait d’automne, le troupeau est organisé pour des agnelages d’été. L’année dernière, les agnelages ont démarré début juillet. « Nous redécalerons cette année les mises bas pour début août, période plus compatible avec la pousse de l’herbe et des cultures dérobées », précisent les éleveurs.

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