Edito

De la neige !

« Une journée de neige et la France s’arrête ». Une phrase qui a fait date en 2013 alors que le pays se couvrait d’un blanc manteau exceptionnel. Exceptionnel ? Disons plutôt, « plus très commun » depuis une trentaine d’années. Et même rare ces 15 dernières années. Au désespoir de nombreux jeunes Bretons qui, à l’aune de leur adolescence, n’ont encore jamais goûté au plaisir de faire un bonhomme de neige ou de viser leurs parents d’une boule bien ajustée. Aussi, tous ces jeunes qui en ont eu l’occasion étaient-ils à la fête cette semaine.
Les adultes ne partagent pas ce même enthousiasme quand tombe la neige. Car, aujourd’hui, même les événements climatiques s’inscrivent dans cette permanence de rationalité économique qui guide nos sociétés. Une rationalité poussée à l’extrême qui aboutit à dénaturaliser les événements dits naturels.

La norme qui prévaut est désormais : anticiper, rassurer, protéger. A dessein, les bulletins météo vont jusqu’à prévoir le cumul de neige pour apaiser les populations ; les pouvoirs publics multiplient les alertes et les appels à la prudence. Une façon de faire croire que même les caprices ou les révoltes du ciel sont sous contrôle du progrès libérateur. Or, la neige, comme la pluie et le vent, sont des processus physiques qui ne se commandent pas. Il faut vivre avec. Ce que savent très bien faire certaines communautés rurales de par le monde. Ces dernières ont conservé une certaine familiarité avec l’incertitude et une certaine adaptabilité face aux événements climatiques ; tout en conservant une aptitude à prendre le temps pour s’émerveiller du spectacle d’une nature immaculée mise en pause par une chute de neige. Raison donc aux jeunes qui ont fêté le sursaut de l’hiver 2020-2021 par une joyeuse et insouciante bataille de boules de neige.

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