Élevage

Demain, des alertes sur les maladies respiratoires des jeunes bovins

À l’avenir, les maladies respiratoires des jeunes bovins en engraissement pourraient être détectées précocement  grâce à un outil d’alerte, sur le Smartphone de l’éleveur par exemple.

« Pour repérer une maladie chez les bovins, nous nous basons actuellement sur les signes cliniques, ce qui présente des inconvénients car ils sont non spécifiques et intermittents. Et ils apparaissent toujours tard dans la dynamique de la maladie. Le bovin montre déjà un état de santé dégradé et a probablement contaminé d’autres animaux. L’utilisation d’antibiotiques sera alors plus importante », a présenté Malika Chassan, de l’Inrae, lors d’un webinaire sur les maladies respiratoires des jeunes bovins (JB).
Dans le projet Beef Sense, les partenaires travaillent sur la détection précoce de l’apparition de la maladie en utilisant des capteurs multiparamètres. « Nous faisons l’hypothèse de modifications du comportement détectables avant les signes cliniques. » Un modèle mathématique a été créé en mettant en parallèle des enregistrements sur le comportement et l’évaluation des signes cliniques.

Colliers, podomètres et bolus

« Nous avons équipé 51 JB de capteurs 24 heures/24 : des colliers enregistrent la rumination, l’alimentation, le repos ; des podomètres pour le nombre de pas et la station debout / couché ; des bolus pour la température du rumen et les buvées. » Sur les signes cliniques, une évaluation journalière et individuelle des veaux a été réalisée portant sur des critères observés visuellement : remplissage du rumen, appétit, abattement, écoulements oculaires et naseaux, amplitude et fréquence respiratoire, toux. La température rectale a aussi été mesurée.

Un premier modèle a pu être mis en place puis validé. Il demande à être affiné mais des résultats intéressants apparaissent déjà. « Pour le moment, l’alerte peut être donnée le soir de l’apparition des premiers symptômes. On peut penser que c’est tard mais notre protocole d’observation visuelle était lourd, de 2 heures/jour. L’identification des signes cliniques était donc sans doute plus précoce que ce que pourrait réaliser un éleveur sur son exploitation. »

Améliorations prévues

Des améliorations sont prévues avec 170 nouveaux animaux qui vont permettre d’avoir plus de variété de comportements. « Nous allons aussi accroître la précocité de l’alerte. L’objectif est aussi de mettre en place un modèle un peu moins fiable mais qui sera capable de donner des alertes sur les 7 premiers jours : une période critique. » La scientifique précise qu’à terme, « on peut imaginer un outil d’aide à la décision qui va alerter l’éleveur sur tel ou tel veau. »

Préparer les broutards à la vente
La préparation des broutards est une autre voie de réduction des maladies respiratoires. « Le sevrage des animaux 45 j avant la vente est une pratique bénéfique. La vaccination protège contre certains pathogènes. Et une alimentation équilibrée en oligoéléments et vitamines doit être visée. Le zinc et le sélénium jouent notamment un rôle dans le bon fonctionnement de l’immunité », note Élise Vanbergue, de l’Idele. « La traçabilité naisseur-engraisseur est aussi une piste très importante pour éclairer les décisions de l’engraisseur au niveau sanitaire et alimentaire. »

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