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Maïs : Pluie et vent sèment le trouble

Les chantiers d’ensilage s’annoncent difficiles dans les secteurs les plus tardifs où les cultures ont été couchées par la tempête Alex. La sensibilité à la verse de certaines variétés est parfois pointée du doigt par des entrepreneurs.

La tempête Alex, précoce par son apparition dans la saison, n’a pas ménagé les champs de maïs. Les fortes rafales de vent, couplées à d’impressionnantes précipitations ont couché et cassé les tiges des maïs verts, plus sensibles. « Les parcelles les plus avancées semblent avoir moins souffert, elles ont déjà commencé à sécher sur pied, le maïs est rigidifié. Pour les cultures vertes, les tiges souples avec des végétaux alourdis par les pluies ont plié », analyse Philippe Lannuzel, chargé d’études protection des cultures pour la Chambre régionale d’agriculture.

Les fortes précipitations, « avec des maïs les pieds dans l’eau et avec de bonnes rafales, ont déraciné les cultures », peut-on observer dans le secteur de Dol-de-Bretagne (35), selon Stéphanie Montagne, conseillère culture à la Chambre d’agriculture. Des bourrasques ont fait des dégâts, il faudra compter le double ou le triple de temps pour ensiler ces champs. « Il est rare de constater des cas de verse en fin cycle ; ces accidents ne sont pas la conséquence de rhizoctone ou encore de pyrale, moins présente que l’année dernière », estime la conseillère.

Dans cette région d’Ille-et-Vilaine, les ensilages ont 7 à 10 jours d’avance, avec des cultures qui ont, par endroits, souffert de conditions sèches. Les sommes de température ont été atteintes, les sols de sable sur granite font accélérer la maturité des plantes.

La saison va être longue

Le Trégor costarmoricain a essuyé de forts cumuls de pluie, « les chantiers sont stoppés, les plants gorgés d’eau par la pluie ont alourdi les maïs. Les sols sont complètement trempés », expliquait lundi dernier Bruno L’Havéant, à la tête d’une entreprise de travaux agricoles à Coatréven (22). Il attendait des conditions plus favorables pour relancer ses chantiers : il était hors de question de s’essayer à pénétrer dans les parcelles en début de semaine.
Même constat chez Mikaël Cornen, entrepreneur à Plourin (29), avec des ensileuses au hangar mardi après-midi. Si la pointe bretonne n’a pas enregistré des cumuls de précipitation aussi importants que le Centre-Bretagne, les rafales de vent ont fait des dégâts. « Près de la moitié des parcelles sont couchées », estime-t-il, sur les 1 200 ha de chantier d’ensilage prévu à cet automne. En ce début de semaine, 1/3 seulement des ensilages étaient réalisés.

Suite événements identiques de verse survenus il y a 2 ans , Mikaël Cornen a équipé 4 de ses 5 ensileuses de pointes releveuses. « C’est indispensable pour ne pas déraciner les cannes et pour ne pas récolter de terre ». Sans ces options de récolte, le matériel « s’abîme, il y a une usure prématurée des scies. La végétation salie par la terre est abrasive, les tôles s’usent ». À des chantiers compliqués vient s’ajouter la fatigue des chauffeurs, souvent contraints de récolter le maïs dans le même sens. Le fort développement végétatif des cultures pose question au Finistérien : « Pourquoi ne pas développer la génétique vers des maïs plus courts, mais bien ancrés au sol ? ».

Le maïs sera récolté, mais à quel prix ?

Une certaine lassitude gagne les entrepreneurs face à ces cultures brouillées en cas de vent. « C’est très usant pour les chauffeurs », lâche Christian Pengam, d’une ETA éponyme de Bodilis (29), contraint de laisser le haut d’une parcelle, dans l’attente qu’elle sèche. Si certaines variétés ont mieux résisté que d’autres, le critère sensibilité à la verse est toutefois remis en cause pour certains maïs commercialisés aujourd’hui. « Des variétés très digestibles sont par terre. Ces maïs souillés se conserveront mal », fait observer Jacques Buguel, entrepreneur à Saint-Divy (29). Une fois le champ détouré, « nous repérons le sens le plus approprié pour ensiler. Tous les maïs seront récoltés », rassure-t-il, mais avec la contrainte d’un temps de travail rallongé. « Il y aura des chantiers très compliqués. Les tiges ici ne sont pas plaquées mais cassées, alors que se présentait une belle année », regrette le chauffeur.

Imaginer des solutions

En ajoutant un kit sur le bec, les pointes plus longues sont capables de relever les maïs couchés. Il faut prendre son temps, attendre que le maïs sèche pour ne pas former un tas devant la machine. C’est une chance d’avoir du vent cette semaine pour relancer les chantiers, la seule solution est de réussir à passer en dessous des tiges. Il faut venir au champ pour imaginer des solutions adaptées à chaque machine. Malheureusement, ce type d’accident risque de se reproduire, ces phénomènes météorologiques plus fréquents dans le sud de la France remontent petit à petit dans nos régions. La région Normandie a elle aussi été confrontée à ces mêmes types de problèmes de cultures versées.Jean-Luc Péron, Concessionnaire Kemper à Daoulas (29)

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