Élevage

Domestiqués au sevrage

Le travail sur la docilité des animaux est un investissement. Pendant plus d’un mois, après le sevrage, les éleveurs passent du temps au contact des animaux.

« Le travail sur la docilité est payant sur l’ensemble de la carrière de l’animal », assure Éric Scoul, sélectionneur Limousin, à la tête d’un élevage de 90 mères nées sur l’élevage. Au sevrage, vers la mi-juin, les vaches sont rentrées pendant trois jours en bâtiment. Elles y consomment un foin de qualité moyenne (prairie naturelle) après être séparées de leur veau. La petite centaine de jeunes animaux reste dans l’étable ; les mâles sont séparés des femelles. Tous bénéficient du même travail de domestication.

Créer du lien

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L’effectif va passer à 110 mères suite à l’installation de Rémy Scoul avec ses parents sur 180 hectares (16 ha de maïs, 6 ha d’orge autoconsommés, 22 ha de blé vendu, prairies)

« La première semaine, nous les habituons au cornadis en leur distribuant un peu d’orge. Nous passons du temps dans la case pour créer un lien, leur donner confiance ». La deuxième semaine, les veaux sont bloqués au cornadis, une heure, matin et soir, avec toujours un peu de céréales (cornadis réajustés à la taille des animaux). « Nous commençons alors à caresser et à frotter les queues, sans les brusquer ». Ensuite, pendant un mois, ce travail de contact se poursuit. Chaque animal est frotté, queue, bassin et dos. Trois quarts d’heure, matin et soir, pour l’ensemble du lot. Pendant cette période, ils consomment 7 kg de maïs ensilage avec 1 kg de correcteur azoté et 0,5 kg d’orge, du minéral et du foin à volonté. À la fin juillet, les veaux femelles sont remises en pâture, dans un champ à proximité de la maison. « Là encore, nous les appâtons avec un peu de farine, deux fois par jour, à l’auge. Nous devons être capables de poser la main sur tous les veaux ». Les plus récalcitrants n’ont pas d’avenir en tant que reproducteur. Sur le dernier lot, une seule génisse a été éliminée car trop craintive.

4 taureaux dont un sans cornes

En hiver, tous les animaux sont logés en bâtiment. « Nous paillons toutes les cases à la main. Toujours dans le but d’avoir un contact avec l’animal ». Les jeunes sont encore bloqués pendant une heure, et frottés…
Les vêlages sont groupés de début août à fin novembre pour limiter les problèmes de diarrhées « et parce que les veaux ont une bonne courbe de croissance ». Le troupeau est conduit en quatre lots d’une vingtaine de vaches. Quatre taureaux, passés par le centre d’évaluation de Lanaud et génotypés, officient sur l’élevage. « Plutôt mixtes lourds ou mixtes viande, qualifiés RJ ». L’un d’entre eux est porteur hétérozygote du gène sans cornes. « Il commence à y avoir de la demande sur les issus ». Les 25 meilleures génisses sont inséminées (dès fin octobre) avec des taureaux de monte naturelle, de diverses origines, après avoir été vermifugées au moins trois semaines avant. Ces taureaux d’IA sont choisis avec le technicien du herd-book. La facilité de naissance est recherchée sur les vêlages de génisses qui sont rentrées en bâtiment trois semaines avant le vêlage pour le confort de travail.

L’hiver en bâtiment
Le bâtiment, relativement récent, compte 120 places pour les vaches. Deux autres étables comptent respectivement 36 places pour les taurillons et 70 places pour les femelles de l’année. Le Gaec produit 400 rounds de paille et en achète autant. La ration hivernale des vaches, à l’étable, est constituée de maïs ensilage, de concentré (orge aplatie et correcteur azoté), d’enrubanné et de foin. « La ration est distribuée le soir. Les cornadis sont bloqués et non accessibles aux vaches. Les veaux peuvent donc manger la nuit. Les cornadis sont débloqués le matin pour les adultes ». Les animaux sont habitués à ce système où chacun y trouve son compte.

Prise de température au champ

Les échographies sont réalisées au printemps, avant la mise à l’herbe, par le centre vétérinaire de Gourin. « 90 vaches, bloquées au cornadis, en deux heures, avec une indication fiable du mois de gestation », précise Rémy, le fils, récemment installé. Avant vêlage, les vaches sont en pâture à proximité du bâtiment. « Je prends la température des vaches proches du terme, au champ », indique Valérie, saluant ainsi le travail de dressage de son mari. « Si le vêlage est proche*, je rentre la vache et pose un capteur (Smartvel). Les premières contractions déclenchent une alerte sur Smartphone ». Le poids du veau est estimé au ruban, au moment du bouclage. Ils sont écornés au crayon, à trois jours, puis sortent au champ avec leurs mères. Les veaux ont un vaccin à spectre respiratoire (intranasal), avec un rappel en fin d’hiver, pour les premiers nés.

* Quand la température passe sous les 39 °C avec une chute d’au moins 0,5 °C, le vêlage aura très probablement lieu dans les 24 heures ; souvent dans les 12 heures.

Sélection, ventes et concours
Un à deux jeunes mâles sont admis au centre d’évaluation de Lanaud chaque année. Le Gaec Scoul propose généralement une de ses meilleures génisses à la vente annuelle Grand Cru, au concours national de la race. Une dizaine de mâles et cinq génisses sont génotypés tous les ans. « Nous trions en premier lieu sur la morphologie, ensuite sur les index », indiquent les associés. Leurs clients recherchent des taureaux calmes, dociles, avec de la morphologie, des index lait et facilité de naissance. À noter qu’une dizaine de broutards, les moins prometteurs du lot, sont vendus chaque année. Quelques jeunes taureaux sont vendus pour la monte en élevages limousins. Ces animaux sont préparés en bâtiment et nourris à l’auge, avec un accès à une parcelle proche pour la qualité des aplombs. Les animaux, mâles et femelles, présentés aux concours sont préalablement dressés en bâtiment. Ils sont nourris à 8 h puis attachés au licol devant les cornadis de 9 h à 18 h pendant trois jours. S’ensuit une heure de promenade au licol, le quatrième jour.
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