Élevage

Les capteurs d’oreille facilitent le suivi de reproduction

Les boucles d’oreille eSense suivent en permanence l’activité et la rumination des animaux. L’algorithme du système s’appuie sur l’évolution de ces données pour prédire une chaleur.

En rythme de croisière, le Gaec Sachet du Fail à Domloup (35) fonctionnait bien à trois associés. Mais en 2018, coup sur coup, un départ en retraite ainsi qu’un arrêt de travail prolongé ont généré « une tension sur la main-d’œuvre ». Grégory Sachet s’est alors retrouvé un moment pratiquement seul aux commandes d’un troupeau dépassant la centaine de laitières. « Concernant la reproduction, mon père avait l’œil. Il passait du temps avec les animaux et détectait très bien les chaleurs », se rappelle le jeune homme. « Une fois parti, le système de détection associé à nos robots de traite n’était pas assez fiable pour prendre le relais. »

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Erwan Cariou, actuellement en contrat de parrainage sur l’exploitation, va rejoindre Grégory Sachet (à droite) comme associé au 1er janvier prochain.

La valse des boucles d’oreilles

Féru de nouvelles technologies, le Brétillien surveillait le marché de l’innovation à la recherche d’un produit efficace. Lui qui n’envisageait pas de mettre des colliers à ses animaux n’a pas raté le lancement du capteur eSense de la société SCR by Allflex, spécialiste du monitoring, sous forme de boucle d’oreille. Un produit primé d’un Innov’Space en septembre 2018. Aussitôt, l’éleveur se lance. Avec deux ans de recul, sa stratégie d’utilisation est maintenant bien rodée.

« Je boucle les génisses vers l’âge de 13 ou 14 mois en fonction de leur gabarit. Je fais confiance au système pour détecter les chaleurs. Et après insémination, dès qu’il y a confirmation de gestation à l’échographie, je retire la boucle » Pour ce faire, il suffit de couper l’embout – le même que celui d’une boucle RDX d’identification, soit 0,49 € l’unité – grâce à une pince coupante. En fonction du stock de capteurs disponibles, l’animal sera bouclé à nouveau en fin de préparation au vêlage ou après la mise bas.

« Avoir sous la main un capteur par vache représente un gros budget », estime Grégory Sachet. Compter autour de 70 € l’unité (en fonction des options de suivi). « En retirant les boucles une fois qu’un animal est confirmé gestant, j’optimise mon lot de 66 boucles pour 105 vaches et les génisses à la reproduction. » Quand le technicien passe pour réaliser les constats de gestation, toutes les vaches en production sont bloquées au cornadis. Dès que l’examen est positif, le capteur est également retiré de l’oreille et replacé aussitôt sur une fraîche vêlée pas encore équipée. « C’est simple et rapide. En veillant bien, pour éviter tout risque d’infection, à repasser la boucle par le trou généré la première fois, à l’âge génisse. »

Depuis l’introduction du eSense, les résultats de reproduction ont tendance à s’améliorer. « Sur les génisses, je sais depuis quand l’animal est en chaleur et les retours sont mieux repérés qu’auparavant. Nous avons gagné plus d’un mois sur l’âge moyen à la première IA. » Parallèlement, l’âge au premier vêlage a progressé, 25 mois désormais, et l’objectif est de gagner encore 30 jours.

Des lots de génisses plus homogènes

Surtout, on ne voit plus « aucun accident de parcours de primipare » passant sous les radars. « Avant, certaines génisses mettaient bas à 23 mois, mais d’autres nous échappaient et vêlaient à 29 mois, voire plus… Aujourd’hui, les lots qui arrivent en préparation au premier vêlage sont plus homogènes. Cela se voit dans les gabarits. Mais aussi à l’auge, et c’est un signe sans appel, dans le numéro des boucles d’identification qui se suivent désormais. » Chez les adultes, l’intervalle vêlage – vêlage est descendu de 400 à 390 jours. « Et le nombre de réformes pour infécondité a sensiblement diminué », ajoute Grégory Sachet.

« 100 % confiance »

Il confie faire « 100 % confiance au capteur » pour détecter les chaleurs, certaines vaches étant inséminées sans même qu’il aille les voir. « J’ose également davantage inséminer une primipare 45 à 50 jours après vêlage. » L’éleveur a aussi remarqué que des animaux ayant un problème de pattes qui n’exprimaient pas leurs chaleurs entrent désormais en gestation, en faveur de moins de réformes et moins de lactations longues.
« En deux ans d’utilisation, je n’ai pas perdu de boucles. Garanties deux ans, celles qui ont dysfonctionné ont été échangées rapidement par Evolution qui distribue le système dans le secteur. Je considère que les résultats sont parfaits. » 

Santé sous surveillance
En plus de la détection des chaleurs, grâce aux mesures d’activité et de rumination, l’algorithme du système peut aussi générer une alerte santé. « C’est très efficace. À chaque fois que j’ai reçu un SMS ‘Alerte détresse animal’, il ne s’est jamais trompé, il y a un problème. Une boiterie sévère suite à un choc, une grosse mammite pas encore déclarée… Et quand on ne voit rien, on soupçonne un corps étranger et on fait systématiquement avaler un aimant… »
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