Découvertes

Le théier se plaît en Bretagne

À l’abri du vent, dans la vallée verdoyante du Blavet, les camélias de Weizi et Denis Mazerolle livrent leurs premières feuilles. Pour le plus grand bonheur des amateurs de thé.

Ils en rêvaient. Une plantation de théiers, en propriété, conduite de manière durable, dans un environnement approprié. Le rêve est devenu réalité, sur les bords du Blavet, dans une vallée encaissée, au sol acide et à la forte hygrométrie, parfaitement adaptée aux besoins de leurs protégés. Denis et Weizi Mazerolle vouent une véritable passion à leurs camélias à thé. Un amour un peu fou, né lors des premiers séjours de Denis en Chine, dans les années 80, lorsqu’il découvre le thé et les différentes facettes de sa production.

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Les plantations sont protégées des prédateurs par des clôtures (chevreuils, lièvres). La variabilité génétique des plants est un moyen préventif de lutte contre les maladies. Le désherbage mécanique est chronophage avant que les plants ne recouvrent le sol.

Boutures de Trévarez

« Le théier n’est pas une plante tropicale », rassure l’ancien ingénieur de Thales, inspectant ses plants dans la brume matinale de Languidic (56). « Il peut se faire une petite place en Bretagne ». La région, concentrée sur ses cultures vivrières, l’a dédaigné. Le domaine de Trévarez, dans le centre du Finistère, abrite néanmoins quelques spécimens, depuis des décennies. « J’ai fait un premier essai de bouturage, il y a une vingtaine d’années. Les plants qui ont été épargnés par les chevreuils se sont épanouis. Des théiers d’une vitalité étonnante ». Plus de deux mille autres, également issus de boutures, commencent à produire. Vingt mille théiers ont été créés récemment, chez un professionnel spécialisé dans la reproduction des camélias, sous serre. Aux côtés des descendants finistériens, l’horticulteur a planté des variétés d’origines diverses. « Ceux-ci sont albinos  », dit-il, en désignant des arbustes aux feuilles décolorées. Italiens, géorgiens ou chinois, les théiers s’épanouissent plus ou moins dans la vallée du Blavet. S’il s’autorise quelques essais, l’objectif est de développer une plantation viable au niveau économique.

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Les différents types de thé sont préparés dans un local dédié.

Travaux manuels

Le couple a acquis une douzaine d’hectares dans la vallée et plante progressivement. « Nous ne plantons que 8 000 théiers par hectare. C’est une densité faible ; nous visons un produit de haute qualité ». Après la mise en terre, trois années de soins et de patience précèdent les premières récoltes. La production augmente ensuite pendant huit ans et perdure de nombreuses années. Le besoin en main-d’œuvre est important. Il faut compter trois personnes par hectare, en vitesse de croisière, pour gérer la plantation. Au démarrage, le désherbage mécanique au pied des jeunes plants est chronophage. « Entre les rangs, ce désherbage est sélectif ; nous épargnons certaines espèces comme les trèfles, la menthe sauvage ou le lierre terrestre ». Un partenariat avec le lycée horticole d’Hennebont permet de bénéficier d’une main-d’œuvre saisonnière, dans le cadre d’un projet pédagogique. La cueillette est réalisée au printemps et à l’automne. Une personne ne récolte manuellement que l’équivalent d’un kilo de feuilles séchées par jour. « Nous essayons de lancer un projet de recherche sur la robotisation de la récolte ; il y a des synergies avec les récoltes de petits fruits ».

Forte valeur ajoutée

L’horticulteur prélève 200 à 300 kg de thé sec par hectare et par an. Dix fois moins que dans les plantations intensives. Les feuilles sont séchées et torsadées au laboratoire, dans un local dédié de la maison d’habitation. « À terme, à un prix de vente autour de 300 €/kg, nous espérons un chiffre d’affaires supérieur à 100 000 € par hectare ». Actuellement, les ventes se font sur la toile, à un réseau d’amateurs de thé. « Un tiers de nos clients sont en Bretagne. Les thés datés du jour de récolte sont livrés par la poste ». Denis Mazerolle prépare un lieu de convivialité sur sa propriété, près de l’écluse de Trébihan, où les visiteurs privilégiés pourront apprécier la finesse des arômes de ce thé bio, produit en Bretagne.

Thé vert ou thé noir ?
L’un a subi une oxydation, l’autre non. Le thé vert est le plus consommé en Extrême-Orient ; les Japonais le consomment d’ailleurs de manière presque exclusive. Le thé vert est un thé non oxydé. Dès le départ, on porte les feuilles de thé à haute température pour détruire les enzymes responsables de l’oxydation. Les feuilles de thé sont ensuite roulées en fines tiges, en boules ou en torsades, selon la région et le type de thé vert recherché. C’est un thé frais, riche en antioxydants. Le thé noir est le plus répandu en occident. Les feuilles de thés sont déposées sur des claies où, durant 20 heures environ, les feuilles flétrissent pour perdre la moitié de leur eau. Les feuilles sont ensuite roulées, procédé qui brise les cellules de la feuille et déclenche l’oxydation enzymatique. Le temps de cette oxydation est très variable, fonction de la région, de la qualité des feuilles de thés et du produit recherché. Le thé est ensuite porté à haute température pour stopper la fermentation et le sécher.
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Un commentaire

  1. nous cherchons à vous contacter,
    pouvez vous rappeler Stéphane Izad, de France 3 Bretagne au 06 07 87 12 83? ce serait pour un reportage ce jour.
    très cordialement

    stéphane Izad

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