Élevage

Des mesures préventives pour protéger le lapin

L’éleveur élève un millier de lapines, dans les règles les plus strictes de biosécurité. Une obligation pour limiter la pression microbienne sur des animaux sensibles aux maladies.

Mieux vaut prévenir que guérir. Éric Féjean en a fait son cheval de bataille depuis la création de son élevage en 2007, avec Sanders. « J’ai implanté le bâtiment à l’écart des routes et des passages d’engins et de camions ». En pleine campagne, entouré de champs lui appartenant. Le site est dédié ; son élevage de canards de chair se situe à 3 km : « Cela permet de limiter le risque de contaminations croisées ». Le matériel de l’exploitation est au siège, à quelques encablures. Cinquante mètres avant l’entrée, des panneaux de signalisation invitent les intervenants extérieurs à se garer. Les chauffeurs des camions de livraison d’aliments désinfectent les roues, avant d’entrer dans la zone professionnelle pour remplir les silos.

« Le circuit a été aménagé pour qu’ils ne passent jamais devant l’entrée d’air du bâtiment ». Le quai d’embarquement est couvert pour assurer un confort de travail et le sol est bétonné pour faciliter le lavage et la désinfection, dès le départ du camion. Si le site est entouré de haies pour l’intégration paysagère, aucune plante ou fleur ne pousse au pied du bâtiment. « Il faut éviter la prolifération des rongeurs qui peuvent y faire leurs nids et diffuser des salmonelles ou des virus comme celui de la VHD qui provoque des hémorragies ». De fait, les abords sont propres (terrain stabilisé). L’éleveur s’interdit également d’épandre des effluents de l’élevage sur les parcelles, face aux entrées d’air, pour éviter de diffuser des pathogènes.

Talc et probiotiques

L’entrée dans la lapinière se fait par un sas sanitaire, rajouté au pignon du bâtiment. Le lavage des mains et le changement de tenues sont obligatoires. Deux zones (interne et externe) y sont délimitées par une barrière pleine que l’intervenant doit enjamber. Le renouvellement des animaux est réalisé par l’achat, à 2-3 jours, de grands-parentaux femelles. « Ce système me permet de n’entrer que 80 lapins chaque année contre 1 000 si j’achetais des parentaux ». Le coût du renouvellement est ainsi limité et le sanitaire est plus sécurisé. Les inséminations sont réalisées toutes les 6 semaines, à trois opérateurs (semence achetée). Les futures reproductrices sont vaccinées contre les deux variants du virus de la VHD et contre la myxomatose, avec un rappel tous les six mois. Un vermifuge est administré. L’aliment contient des huiles essentielles pour prévenir les problèmes respiratoires. L’ajout d’un mélange de talc et de probiotiques dans le copeau des nids autour des mises bas a pour but de prévenir les problèmes digestifs.

« Les mères se lèchent ; les probiotiques investissent le tube digestif et constituent une flore barrière aux pathogènes ». Au moment du sevrage, à 35 jours, l’aliment des jeunes est enrichi en argiles et en fibres. En engraissement, c’est le rationnement qui permet d’éviter les problèmes digestifs. L’air entrant dans le bâtiment est préchauffé ou refroidi selon la saison pour stabiliser la température entre 18 et 25 °C.
La lapinière est scindée en deux salles identiques. Les lapereaux naissent et sont engraissés dans la même case. Les mères sont transférées dans l’autre salle, au sevrage, pour une nouvelle mise bas. Les lapins partent à l’abattoir, à 73 jours d’âge.

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Le sas sanitaire, imposé dans le cahier des charges.

Lavage et vide sanitaire

Un vide sanitaire de leur salle est alors effectué car les lapines doivent intégrer une salle lavée, désinfectée et séchée. « Le départ a lieu le mercredi soir. Le jeudi, le travail est dégrossi ; le vendredi un détergent est appliqué. Le lavage est effectué à deux personnes ; les nids sont replacés dans les cases et la désinfection est effectuée. Le circuit d’eau est également nettoyé et désinfecté (eau du réseau pour le moment). Le dimanche une deuxième désinfection est réalisée. Les lapines entrent le lundi suivant ». Pendant le lavage de la salle, le raclage des fosses est actionné. Ce travail de prévention des maladies permet de limiter l’utilisation d’antibiotiques et de les réserver à des traitements curatifs éventuels.

L’élevage est audité grâce à l’application Eva, élaborée pour la volaille et adaptée au lapin (sur Smartphone). Cet audit sanitaire exhaustif débouche sur des recommandations. Il peut mettre en évidence des non-conformités. Souvent mineures, elles doivent être corrigées dans le temps. Majeures, elles entraînent des mesures d’urgence. L’élevage d’Éric Féjean a un taux de conformité de 95 %, un niveau jugé très satisfaisant. Le groupement Evilap, dont il est administrateur, encourage les éleveurs à démédicaliser via des incitations financières. Le zéro traitement, en croissance, est l’objectif. Un audit sanitaire chaque année

L’exploitation en bref
• 1,3 UTH (une salariée à tiers temps) + main-d’œuvre d’appoint pour les inséminations et les enlèvements,
• 1 000 lapines,
• 800 m2 de canards de chair,
• 47 hectares,
• 16,8 kg vendus par IA (atelier lapin),
• 2,52 kg vif à la vente,
• 8,7 sevrés par mise bas.

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