Élevage

Chasser les consommations d’énergie inutiles

Les associés du Gaec Dyna’Milk traquent les fuites, les consommations perdues et optimisent les différents postes de la ferme. Au final, de fortes économies financières liées à un impact environnemental réduit.

Les petits ruisseaux font les grandes rivières… Chez Romain Marqué, l’expression prend tout son sens : l’éleveur traque tous les postes énergivores de son site de production laitière pour diminuer ses consommations d’énergie et atténuer les émissions de gaz à effet de serre. Car, pour l’éleveur associé avec ses parents et un voisin au Rheu (35), ce qui est écologique est aussi économique.

Rationaliser les choses

Rien ne semble laissé au hasard chez l’agriculteur, qui part souvent d’observations simples pour modifier son installation. Ainsi, le passage du racleur à chaîne dans la stabulation est coordonné à la présence des vaches. « Il est inutile de faire passer ce racleur quand le couloir est propre. Le déclenchement de son passage concorde avec la consommation d’eau dans le bâtiment : pas de consommation d’eau signifie pas de vaches présentes. Au final, c’est moins d’électricité consommée, moins d’usure pour le racleur ». Des compteurs à impulsion d’eau sont positionnés sur chaque départ, et sont identifiés pour leur destination : aire paillée, logettes, veaux, pâturage… La domotique permet, en se couplant à ces compteurs, de déclencher ou non le racleur. En plus de faire fonctionner cet outil, les compteurs assurent une surveillance du réseau. « J’ai ainsi pu déceler rapidement une fuite de 7 m3 », témoigne l’éleveur chasseur de gaspillage.

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Le chauffe-eau solaire a fait baisser la facture énergétique de près de 50 %, sur le poste nettoyage de la machine à traire, du tank à lait et préparation des buvées des veaux.

Utiliser le soleil

Pour subvenir aux besoins en eau chaude sanitaire, le Gaec Dyna’Milk a opté pour un chauffe-eau solaire. La consommation en eau chaude (nettoyage de la machine à traire et du tank à lait, préparation des buvées pour les veaux…) a été estimée à 650 L par jour. Un ballon de stockage légèrement surdimensionné de 800 L conserve cette eau à haute température. « Nos factures liées à ce poste ont été réduites de 40 à 50 % », chiffre Romain Marqué. Installé par la SARL Solair 3 Tech, cet équipement a coûté 12 660 € pour 14,4 m2 de capteurs solaires. Après la subvention de l’Ademe, le reste à charge des éleveurs s’élève à 4 340 €.
Le Gaec utilise aussi le rayonnement solaire sur une autre partie du bâtiment. « Un détecteur crépusculaire interdit l’allumage des lumières de la stabulation tant que le soleil n’est pas couché ». Couplé à une horloge, l’éclairage à l’aide de Leds s’effectue aux horaires de nuit réglés par les agriculteurs.

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L’affouragement en vert a été arrêté suite à la création de chemins qui mènent directement aux paddocks.

Arrêt de l’affouragement en vert et du robot

Lors de son installation en 2017, Romain Marqué a décidé de revenir à une salle de traite classique en remplacement du robot de traite existant, avec une installation en 2 x 16 en traite par l’arrière, et « équipée comme un robot de traite, avec compteurs à lait, conductivité… ». L’éleveur souhaite ainsi simplifier les choses « et rationaliser chaque poste, pour que quiconque puisse venir traire ».
La suppression de l’affourragement en vert a suivi cette même idée, avec la création de nombreux chemins pour accéder aux paddocks. L’herbe est valorisée par la technique du pâturage tournant dynamique. L’impact environnemental a été réduit par la forte diminution de consommation de carburant.

Les roseaux filtrent

Prochainement opérationnel, un filtre à roseaux assainira les eaux blanches et brunes. « Ce sera pour nous 700 m3 d’eau peu chargée en éléments nutritifs qui ne seront plus à épandre. Ce filtre ne consommera pas d’énergie, tout se fera par gravitation ». Et l’agriculteur de calculer le coût de transport d’un effluent : « Transporter 1 m3 d’effluent peu chargé coûte 2 €, soit 1 400 € pour 700 m3. Le filtre à roseaux sera amorti en 3 ans, il nous a coûté environ 4 000 € », évalue Romain Marqué.

Une bonne action, 2 impacts
Pour Romain Marqué, « une bonne action ne doit pas avoir un seul impact, mais deux ». Le Gaec est en cours de construction d’une unité de méthanisation qui injectera directement 70 Nm3/heure de biogaz dans le réseau. « L’occasion de faire des économies de carbone liées au transport et à la fermentation : tous les effluents alimenteront l’unité de méthanisation, il n’y aura plus de fumiers à l’air libre qui laissent échapper du méthane, tout sera collecté ». L’agriculteur réfléchit à ce qui pourrait s’apparenter à de la location de fosse. « Il existe des anciens site où les fosses à lisier ne sont plus utilisées. Pourquoi ne pas les louer pour permettre à leurs propriétaires d’en tirer un bénéfice, et pour l’utilisateur de diminuer le temps passé sur la route et son impact carbone ? ».
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