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S’inspirer des autres productions pour équiper sa bergerie

Avec deux associés en production porcine, Valériane Jaffrelot a bénéficié de leurs astuces pour aménager une ancienne stabulation laitière en bergerie.

Gérer seule un atelier ovin. Tel était le rêve de Valériane Jaffrelot, à Erquy (22). Mais pas à n’importe quel prix, en tout cas, pas celui de la santé, « qu’il faut préserver dès l’installation pour pérenniser son activité dans la durée… » Alors, l’organisation du bâtiment et la contention ont été les maîtres-mots de la réflexion menée en amont de son installation avec ses deux associés en production porcine, qu’elle a rejoints au sein de l’EARL de la Ville aux fermes, avec l’arrivée des 250 agnelles Romanes.

Réaménagement d’une stabulation vaches laitières

En local ou lors de ses formations spécialisées (CS ovin à Bellac dans le Limousin), elle en a visité des fermes ovines, « pour lister les points à reproduire et ceux à ne surtout pas recopier ! », insiste-t-elle. Une ancienne exploitation où elle avait fait un stage, à proximité du site de l’élevage porcin, s’est libérée. « Je connaissais les lieux et cela m’a semblé facilement aménageable en ovin. » Opinion, qu’elle a confortée avec celle de conseillers spécialisés. « Je voulais un aménagement pratique, simple et fonctionnel avec de la contention et de nombreuses barrières pour limiter l’astreinte quotidienne  : c’est sur cette base que nous avons imaginé l’intérieur du bâtiment. »

Des cornadis à veaux pour les béliers

Les pourtours des deux aires paillées sont agrémentés d’attaches pour fixer les barrières permettant si besoin de créer des cases modulables contenant jusqu’à 16 brebis, « correspondant aux normes par rapport à l’accessibilité aux abreuvoirs… », précise-t-elle. Chaque case dispose alors d’une porte d’accès à double sens d’ouverture dans un couloir de circulation surélevé par rapport à l’aire paillée tout autour de la bergerie. Le troupeau étant géré en deux lots pour des ventes d’agneaux à Noël et Pâques, « seuls 150 cornadis ont été installés. Ils permettent d’effectuer rapidement de nombreux soins aux animaux : un drogage ne me prend que 30 minutes… » Les béliers, quant à eux, disposent d’anciens cornadis à veaux, plus adaptés à leur corpulence. Les fourrages (enrubannage, foin, paille) sont distribués à la dérouleuse pailleuse. Seul l’aliment, rationné, est distribué à la main. L’ancien bâtiment à génisses a été fermé et bardé pour éviter les courants d’air. Le test d’ambiance réalisé par le GDS Bretagne a permis de déceler des problèmes de ventilation, résolus par l’ouverture d’une cheminée au faîtage.

Un espace a priori perdu devient couloir de contention

Les murs d’enceinte de l’ancien silo de maïs ont été conservés, servant de base à un nouveau hangar à fourrage. Entre les deux, « un espace a priori perdu, inaccessible en tracteur, s’est révélé un excellent espace de contention pour le chargement des animaux dans la bétaillère pour l’accès aux pâturages éloignés ». Car le système est avant tout herbager : les animaux ne résident en bâtiment que 6 semaines avant l’agnelage et jusqu’à la fin de la lactation. Le quai d’embarquement des vaches laitières a maintenu son activité pour les ovins. « Dans la salle de traite, on projette d’y aménager une contention fixe, avec cage de pesée, cage de retournement, permettant les tris et la tonte des animaux. »

Des équipements porcins en ovin

Le regard extérieur des associés à la production ovine a été très riche d’enseignement. De équipements utiles en production porcine ont ainsi été mis en place dans la bergerie :

  • Des portes à double sens d’ouverture : le couloir de circulation surélevé est un bon poste d’observation des animaux et permet les flux d’animaux. Un flux d’autant plus facile d’une case à une autre avec des portes à double sens d’ouverture « qui n’imposent pas de sens de circulation fixe ».
  • L’éclairage Led : la lumière très blanche comme en porcherie permet une bonne lecture des boucles des animaux.
  • Une nurserie sur caillebotis : l’espace louve pour les animaux surnuméraires est aménagé dans l’ancienne nurserie veau, sur une fosse sur caillebotis, avec un poste chauffant. « C’est facile à nettoyer et la désinfection est simple ».
  • Surveillance de la température : dans tous les bâtiments, des thermomètres sont installés. Certaines tâches, comme la tonte, sont différées selon les températures enregistrées.

Le GIE Elevages de Bretagne et ses partenaires organisent une journée technique ovine régionale sur le thème « Réussir sa bergerie », le jeudi 13 février, de 9 h 30 à 17 h, à Saint-Méen-le- Grand (35). 20 € (repas inclus). Inscription : 02 23 48 29 00.

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