À l'étranger

Aux États-Unis avec six cents vaches

À la ferme Golden Oaks, dans l’Illinois, six cents vaches sont prises en charge par une vingtaine de salariés. Conduites en respectant des protocoles rigoureux, les vaches produisent 12 000 litres de lait en moyenne. Le Mayennais, Florian Huet, y a travaillé pendant cinq mois.

Florian Huet est technico-commercial pour Bovec depuis le 3 juin. Il commercialise de la génétique nord-américaine. Cela tombe bien : le 23 mai, il rentrait d’un séjour de dix mois aux États-Unis, organisé par l’intermédiaire d’Odyssée Agri, basé à Saint-Pierre-des-Nids (53). Là-bas, il a travaillé à Golden Oaks Farm, d’août à janvier dernier. Il a pu y découvrir l’organisation d’un troupeau de six cents vaches laitières.

Golden Oaks Farm est située à proximité de Chicago.

Vaches bichonnées

Golden Oaks Farm est située à Waconda, à 45 minutes de Chicago. Florian Huet a consacré la majeure partie de son stage à s’occuper des vaches de concours : une quinzaine de vaches en box, conduites dans un bâtiment à part des six cents autres. Il soignait les animaux : alimentation, traite, lavage, dressage pour les concours et les ventes, ainsi que la tonte d’entretien. « J’ai appris pas mal de choses. Des détails, mais ajoutés les uns aux autres, ils donnent des résultats considérables », apprécie le jeune homme, passionné de concours. Cela porte sur le fourrage distribué, la quantité et le nombre de repas. « Les animaux sont lavés tous les jours : leur poil repousse plus vite et leur cuir a un meilleur aspect soyeux pour les concours ».

Pour ces vaches à concours, Golden Oaks Farm sélectionne beaucoup sur les index et la morphologie. Toutefois, c’est un monde à part : « Pour les six cents laitières, la sélection génétique n’est pas la même. Ils utilisent des taureaux à haut potentiel laitier avec des index fonctionnels positifs et une base morphologique (mamelle, pattes) pour obtenir des animaux rentables. Ils accordent également de l’importance à un index de synthèse, le Net Merit (index de valeur économique) ».

Ces vaches sont prises en charge par une escouade de salariés. On y compte quatre personnes pour les soins et la surveillance (dont une la nuit). Trois équipes de trois trayeurs mexicains : « La salle de traite 2×16 tourne 22 heures sur 24 ». Mais aussi un mécanicien, deux personnes à l’entretien, une en charge de la génétique. Tous sont supervisés par trois managers (génétique, production, intendance) et un directeur d’exploitation. Le propriétaire, lui, « est l’une des plus grosses fortunes de Chicago ».
Les vaches produisent en moyenne 12 000 litres de lait. Certains lots sont traits trois fois par jour. Ces résultats reposent entre autres sur une organisation stricte, et nécessaire vu la taille du troupeau. « Tout est encadré par des protocoles. Par exemple, le lot de fraîches vêlées est séparé des autres pendant neuf jours au cours desquels la température est prise chaque matin pendant trois jours, puis au 6e et au 8e jour. Tout est noté, rentré sur l’ordinateur. »

La reproduction est également très suivie : des protocoles de synchronisation de chaleurs sont mis en place pour réduire l’IVV. Le pareur vient tous les quinze jours. Appliquer ces protocoles « permet de perdre moins de temps et donne une bonne réactivité. On limite les frais vétérinaires et les pertes d’animaux. Par ailleurs, avec un grand troupeau, les choses sont faciles à mettre en place, grâce à la gestion par lot, pour les taries en particulier. En France, c’est difficile de faire une ration pour trois vaches taries uniquement. »

Les vaches dorment dans des logettes sur sable, c’est un milieu sain. Les stabulations sont équipées de brumisateurs et ventilateurs.

Logettes sur sable : le plus sain

Les repas sont donnés trois fois par jour, l’ensilage est repoussé six à huit fois par jour avec un Bobcat. Les bovins bénéficient d’aménagements confortables. « Ils font énormément attention à cela : les bâtiments sont équipés de brumisateurs et de ventilateurs. Les vaches dorment dans des logettes sur sable : c’est le meilleur système. C’est un milieu sain qui apporte confort et résultats, notamment concernant les mammites et les problèmes cellulaires. » Toutefois, la gestion des effluents est lourde à mettre en place, nécessitant raclage, séparateur de phase, etc. Florian Huet est bien conscient que ces installations ne sont pas entièrement transposables aux réalités françaises. « Toutefois, le management du troupeau et l’organisation du travail pour allier efficacité et rentabilité restent très intéressants. »

Rémi Hagel

La passion des concours
À Golden Oaks Farm, Florian Huet a passé beaucoup de temps auprès des vaches de concours. Il a pu les suivre au World Dairy Expo et au Spring Show. Une aubaine pour lui que les rings passionnent. Pourtant, ses parents, éleveurs dans le Nord-Mayenne, ne fréquentent pas les concours. Il a découvert le clippage grâce à une formation de May’ and Cows (association de jeunes soutenue par Prim’Holstein 53). Il y a pris goût : « J’ai intégré l’équipe mayennaise, on prépare les vaches pour le Space, le Départemental, le Farmingtour ». Ce ne sont pas ses vaches, mais peu importe, son plaisir, « c’est de préparer les animaux pour les concours ». Dernièrement, il s’est tout de même pris au jeu : il a acheté une génisse avec un ami, au Simagena, « pour nous faire plaisir et développer une souche de vache à potentiel morphologique pour les concours ». Wilt Sunday Red-P vient d’être collectée il y a trois semaines. Depuis juillet, Florian est devenu le président de May’ and Cows, au service de sa passion…
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