Découvertes

Le Baudet du Poitou leur doit beaucoup

Laurence et Yann Morceau ont créé le premier catalogue de Baudets du Poitou agréés à la monte. Un travail qui a fortement contribué à la sauvegarde de la race.

Une quarantaine d’animaux dans les années 80 ; plus de 600 aujourd’hui. Le Baudet du Poitou doit sa survie à quelques passionnés comme Laurence et Yann Morceau. « Avant de créer l’Asinerie de la Baie, en 2001, à Crac’h (56), nous n’avions que quelques baudets croisés. Nous avons souhaité acheter des animaux de race pure et lancer une activité d’élevage ». Pas évident compte tenu du faible effectif. « Nos recherches d’un mâle reproducteur agréé nous ont menés chez Euro Disney, dans la région parisienne. À notre arrivée, l’animal était mort. Par chance, le Parc détenait toujours deux jeunes ânesses, avec une généalogie connue ». Une aubaine pour le couple qui tente de les rapatrier en Bretagne. Les responsables du Parc refusent de vendre leurs animaux mais acceptent, après maints échanges, de les céder pour qu’elles convolent en justes noces avec Ignace, un gaillard charentais, tout juste arrivé sur la ferme de la Baie de Saint-Jean. L’heureux élu ne boude pas son plaisir. Deux « fedons » naîtront de ces idylles, un petit mâle qui, au sevrage, prendra la direction de La Ferme du Monde à Carentoir et une femelle, conservée sur l’élevage.

Un long travail de recensement

Les deux Parisiennes sont finalement achetées deux ans plus tard. L’une d’entre elles, Hermione, toujours vaillante, est à l’origine du troupeau actuel. « Elle nous a fait douze petites femelles sur douze gestations. Heureusement, ses filles nous ont donné quelques mâles…  ». Dans le même temps, Laurence et Yann se démènent pour créer un livre généalogique informatisé de la race Baudet du Poitou. « Nous avons recherché les documents annuels recensant toutes les naissances de baudets dans le berceau de la race et ailleurs en France. Nous en avons retrouvé une centaine », sourit Yann. Une centaine sur les 135 années d’existence du stud-book. De quoi permettre aux éleveurs de vérifier, en quelques clics, le pedigree de leurs futurs reproducteurs.

Champion de France

Au fil des ans, l’Asinerie de la Baie se fait un nom dans le petit milieu des passionnés du baudet. En participant à des concours, notamment au national, en Charente-Maritime. « L’une de nos ânesses, Quephren de la Baie, a été sacrée Championne de France de la race en 2011 et 2012. Depuis, nous ne présentons plus d’animaux car c’est assez contraignant. Par contre, nous y assistons tous les ans, au mois d’août». Cette reconnaissance facilite les ventes. Les petits mâles, nés sur la ferme, sont vendus à l’âge de 6 mois, essentiellement à l’étranger : en Allemagne, en Belgique et en Suisse. « À des passionnés qui élèvent quelques animaux, pour le plaisir. Certains baudets font un peu d’attelage ou du débardage ».

Du poil

Seuls les meilleurs éléments sont agréés, vers deux ans, par une commission d’approbation composée d’éleveurs et de représentants des haras nationaux et du Parc du Marais Poitevin. N’est pas reproducteur Baudet du Poitou qui veut… « Il faut de la taille, de l’os, de belles oreilles, un dos rectiligne et du poil ». Beaucoup de poils, notamment à l’Asinerie de la Baie. Falco de Bellevue, seigneur des lieux, répond à ces critères. « Il nous a tapé dans l’œil au concours national. Nous l’avons loué pour deux ans à son propriétaire belge ». L’étalon est placide mais «son côté bipolaire peut le rendre agressif en présence des ânesses ». De son enclos, il surveille son petit troupeau d’ânesses qui se promène sur les 8 hectares de prés alentour. Depuis peu, il aperçoit également les 10 alpagas, achetés sur un coup de cœur, et les 5 brebis « Nez noirs du Valais », rares représentantes d’une race ancienne de moutons suisses. Elles sont au bon endroit ; Laurence et Yann Morceau pensent déjà à créer une association de d’éleveurs…

AU NIVEAU DU BILAN FOURRAGER
La pousse de l’herbe a été relativement bonne au printemps. Des stocks de bonne qualité ont pu être constitués, mais ils ont dû être entamés prématurément pour faire face au manque d’herbe consécutif à la sécheresse estivale, y compris dans les secteurs habituellement plus favorables. Le retour des pluies en août a permis d’implanter en bonnes conditions des dérobées fourragères en interculture. L’automne pluvieux a également permis une bonne reprise de la pousse des prairies, avec cependant des difficultés d’exploitation en raison du manque de portance des sols.
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