Un Finistère à la pointe

 - Illustration Un Finistère à la pointe
La quatrième édition de la Conférence des territoires organisée par le Crédit Mutuel de Bretagne a réuni quelque 200 personnes.
Initiée il y a quatre ans, la Conférence des Territoires a pour vocation de mettre en avant les belles réussites entrepreneuriales des départements bretons. Cette année, la manifestation soutenue par le Crédit Mutuel de Bretagne faisait escale dans le Finistère. Une terre de caractère avec un vrai goût pour l’initiative.

« Douar a startijenn ». Une terre pleine d’énergie, d’audace. Et fière de ses racines comme le souligne le message qui s’affiche en breton sur la scène. C’est d’ailleurs dans cette même langue que le journaliste Lionel Buannic souhaite la bienvenue aux quelque 200 participants réunis dans la salle de l’Avel Vor, à Plougastel-Daoulas. Au programme : la découverte de trois entreprises finistériennes. Trois aventures humaines distinctes dans des secteurs d’activité bien différents mais avec toutes un point commun : celui d’un solide ancrage territorial.

Alban Boyé ouvre le bal. Lui qui occupait un poste à responsabilité chez EDF a choisi de venir s’installer dans les abers, suite à sa rencontre avec Marcel Tréguer, le fondateur du Groupe Trécobat. « Il m’a fait partager sa vision de son métier, de son entreprise. Ainsi que son attachement au territoire. Il aurait pu vendre sa société à un fonds d’investissement mais cela aurait été prendre le risque de voir le centre de décision se déplacer ». Une approche et une philosophie qui résonnent chez Alban Boyé. Désireux de relever de nouveaux défis et à la recherche d’une autre qualité de vie, l’entrepreneur quadragénaire décide de mettre le cap à l’ouest pour prendre la direction de ce groupe qui emploie aujourd’hui 450 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de 148 millions d’euros.

À Lannilis, l’usine ultra moderne « Nature et Bois » a vu le jour. Avec une logique industrielle qui a permis de baisser le coût de la maison bois. Un secteur qui représente actuellement 15 % de l’activité de Trécobat « et qui devrait atteindre les 50 % d’ici à 5 ans ». L’entreprise léonarde n’est pas tributaire de la seule bonne santé du marché de l’habitat breton, car elle a veillé, tout en se développant, à répartir ses risques. Trécobat a ainsi essaimé à Toulouse, Pau, Tarbes et Paris. Et, parallèlement à cette diversification territoriale, l’entreprise a complété sa palette en se lançant dans l’aménagement foncier. « Aujourd’hui, le foncier se fait de plus en plus rare. Près de 60 % des clients qui viennent nous voir n’ont pas de terrain ! » Résolument tournée vers la croissance, la société finistérienne s’organise et s’adapte en permanence pour poursuivre son développement.

Romain Pasquier, directeur de recherche au CNRS, a rappelé que, dans un contexte de défiance croissante vis-à-vis des institutions, « l’ancrage territorial apportait des éléments clés tels que l’identité et des valeurs collectives. Sans oublier un mécanisme social essentiel : la confiance ».

L’air du large

Avec Julien Le Brun, l’esprit d’entreprise continue à souffler. Et cette fois, c’est une brise marine qui emporte toute la salle à destination du pays bigouden. Représentant de la quatrième génération de pêcheurs, ce solide Finistérien, qui a embarqué pour la première fois à 6 ans, a suivi le sillage familial. Mousse à 14 ans, matelot à 17 ans, il devient commandant à 19 ans. Trois ans plus tard, il achète son premier bateau. « Cela s’est fait naturellement. Un copain m’a indiqué que son père allait prendre sa retraite dans l’année qui venait, je me suis positionné… » Difficile de convaincre un banquier de vous suivre sur une telle opération à 22 ans ? Même pas ! « Les représentants du CMB sont venus me rencontrer sur le quai. Ils savaient qui j’étais et connaissaient mon projet. Ils ont établi un prévisionnel et m’ont suivi ». Après ce premier bateau, est venu un autre, puis un autre, etc. Aujourd’hui, à 37 ans, Julien Le Brun est à la tête d’un armement fort de 5 bateaux, 20 marins, 2 personnes à terre et 600 tonnes de poissons débarquées par an.

Le métier, longtemps dénigré, retrouve de l’intérêt à en croire ce jeune patron. « Depuis 2010, l’image a changé. J’ai des équipages fidèles. Il n’y a en moyenne qu’un départ par an, mais je n’ai pas de problème de recrutement, j’ai de la demande ! » Convaincu de l’avenir du métier, il continue à investir. Un sixième bateau viendra bientôt étoffer sa flottille. « Au deuxième, j’avais dit que j’arrêtais là… »

De l’énergie en stock

Bien qu’également fils de marin-pêcheur, Christopher Franquet a, lui, choisi une tout autre voie. Désireux d’intégrer rapidement le monde du travail, il opte pour une école d’ingénieurs en alternance. Puis, après une dizaine d’années d’expérience professionnelle, il décide de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. « Depuis toujours, je suis passionné par le stockage de l’énergie, sa conversion. En 2016, avec les énergies renouvelables qui devenaient compétitives, je me suis dit que c’était le moment de me lancer. Que c’était un métier d’avenir et que j’avais les compétences pour l’exercer ».

La société Entech smart energies voit alors le jour. Trois ans et demi plus tard, elle emploie déjà 45 collaborateurs. « Et d’ici à deux ans, nous devrions être une centaine ». Basée à Quimper, l’entreprise a une activité internationale et est confrontée, au quotidien, à la concurrence allemande et chinoise. « Nous avons des atouts : une main-d’œuvre qualifiée et fidèle. Et nos solutions offrent une grosse valeur ajoutée ». Sa localisation n’est donc pas un facteur pénalisant aux yeux de son créateur qui, pour l’avenir se fixe des objectifs ambitieux, « mais pas de limites ! »

Les vertus de la proximité

Concluant cette quatrième édition de la Conférence des territoires, Philippe Rouxel souligne toute sa fierté de voir « le Crédit Mutuel de Bretagne donner la parole aux entrepreneurs. Des entrepreneurs qui jouent un rôle dans la création de richesses, la création d’emplois, l’innovation et l’environnement ». Et le directeur général du CMB de vanter les mérites de la banque de proximité, gage d’un partenariat de confiance. « De près, on s’entend mieux. On se comprend mieux ! »

Jean-Yves Nicolas


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