Découvertes

Groupe Yves Rocher : Une ferme haute en couleurs

Dès le printemps, les environs du village de La Gacilly se parent de multiples couleurs. Huit plantes, cultivées pour leurs propriétés naturelles, font le succès du groupe Yves Rocher.

Sous le soleil d’une après-midi d’été, une équipe de saisonniers récolte des soucis et des bleuets à la main, dans un champ appartenant à la célèbre marque de cosmétiques. À quelques mètres, d’autres employés désherbent un champ de camomilles à la binette. La production de crèmes, de shampoings et de parfums ne tolère aucune entorse à la qualité exigée par la clientèle. Tout est naturel. Du semis des plantes à la transformation en produits de beauté. La ferme d’une soixantaine d’hectares est certifiée en agriculture biologique. Huit permanents sont rejoints, dès le printemps, par quelques dizaines de saisonniers pour entretenir l’espace, garantir des rendements et une qualité irréprochable.

Varier les essences

Une quinzaine de nouvelles plantes sont testées depuis quelques années, en relation avec le service recherche et développement industriel. « Elles doivent avoir des propriétés cosmétiques intéressantes et être adaptées à notre terroir », indique Cécile L’Haridon, responsable du service agronomie. Une dizaine d’années sont nécessaires pour optimiser la production et le traitement des nouvelles espèces. « Ces nouvelles plantes, de familles botaniques diverses, ont un intérêt agronomique. Elles permettent d’allonger les rotations ». Une obligation pour limiter les risques sanitaires et la pousse d’adventices. « Le bleuet est sensible au schlérotinia; il ne revient, au mieux, que tous les quatre ans dans la même parcelle. Nous n’avons pas de solutions de désherbage mécanique dans le rang, d’où le recours à une main-d’œuvre importante ». Des échanges de terre sont réalisés avec des producteurs bio locaux pour produire des protéagineux, du blé noir et des prairies sur la ferme. En échange, des espèces florales sont semées dans le voisinage. « C’est une relation gagnante de territoire. Nous avons également un partenaire externe en Anjou, pour sécuriser la production ». L’année 2019 a été compliquée en raison des conditions météorologiques. « Nous avons l’équivalent d’une année et demie de production en stock pour faire face aux aléas », rassure l’agronome. Les semis d’automne sont désormais préférés aux semis de mai-juin pour assurer des rendements plus réguliers.

Une centaine de pays

Les récoltes sont manuelles pour le bleuet , la camomille romaine et le souci, « car les extraits huileux sont sensibles à la couleur ; les tiges sont exclues ». Les autres espèces sont récoltées à la faucheuse auto-chargeuse. Les plantes sont séchées sur place, en séchoir, jusqu’au stade de 8 à 10 % d’humidité puis conservées sous abri avant leur expédition vers les différents ateliers de transformation où sont élaborés les produits cosmétiques. L’essence des petites fleurs de La Gacilly se retrouve ainsi dans les magasins spécialisés d’une centaine de pays dans le monde.

Atelier 'Flore en danger... À vous de plancher !'
Le 12 octobre prochain, lors de la Fête de la Science (pour tous publics): découverte animée du jardin botanique sous l’angle de la biodiversité ; 1 500 espèces végétales, un véritable voyage ethnobotanique à travers le monde… où l’on croise aussi des espèces menacées, des prairies, des fleurs au pied des arbres, des variétés anciennes de blés et de pommiers… Jeux liens insectes/plantes. Film sur le Panicaut vivipare, une des plantes les plus menacées d’Europe, préservée sur un site unique en Bretagne ; atelier création d’une planche d’herbier d’une espèce végétale locale. Temps d’échanges collectifs sur les statuts de protection, les causes et enjeux de la disparition des végétaux. Gratuit, sur réservation, selon les places disponibles.
Plantations en Inde, en Éthiopie...
« Le maintien de la biodiversité est l’une de nos préoccupations. Nous travaillons, par exemple, avec la ligue de protection des oiseaux sur notre ferme mais aussi sur tous nos sites industriels de production. En offrant le gîte et le couvert aux insectes (végétalisation ornementale, création de mares…) nous observons une augmentation du nombre d’espèces d’oiseaux et de papillons (comptages). Sur la ferme, nous optimisons le système de production pour encourager la pollinisation par les insectes sauvages et la lutte biologique contre les prédateurs. Un partenariat avec un apiculteur nous permet de disposer de 250 ruches. Les couverts mellifères, qui fleurissent à partir de juin, permettent de les nourrir sans entrer en compétition avec les insectes sauvages, à cette période habituelle de disette. Nous plantons des haies bocagères à La Gacilly mais aussi en Inde, en Éthiopie, en Pologne, via la Fondation Yves Rocher. L’objectif est d’atteindre 100 millions d’arbres dès l’an prochain ».
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