Côtes d'ArmorEconomie, marchés et gestion

Se lancer dans la vente directe… pourquoi pas moi ?

Associer production, commerce et échanges, tel est l’enjeu pour Joël Philippe, producteur de bovins viande sur la commune de Tonquédec dans les Côtes-d’Armor. La vente directe est pour lui une manière de mieux répondre aux attentes du consommateur. Fraîcheur, qualité, origine et traçabilité sont bien sûr garanties à la ferme de Poul Ar Feunteun.

A 50 ans, Joël Philippe, lassé par la production laitière, se reconvertit dans l’élevage de vaches allaitantes. Suite à un reportage télévisé, il décide de débuter une nouvelle aventure. Il franchit le cap en janvier 2017, avec un projet mûrement réfléchi tant au niveau économique, social que sociétal. « J’avais envie de faire autre chose, envie de me soustraire à la traite qui m’accaparait trop », explique l’éleveur. Agriculteur au quotidien mais également conseiller départemental, Joël Philippe oriente son action d’élu vers la ruralité, l’agriculture et le service à la personne, en phase avec les nouvelles attentes sociétales.

Un nouveau départ

Du lait à la viande, une chose n’a pas changé sur cette ferme : le goût pour la sélection. Côté cheptel, il a fait le choix de l’Angus et de la Salers, des vaches rustiques et maternelles. « Je suis convaincu par la qualité gustative de leur viande, naturellement tendre et persillée, ce qui leur donne un fondant que l’on ne retrouve pas dans les grandes races allaitantes sélectionnées en France », affirme Joël Philippe. Le troupeau est composé de 140 bêtes, dont 50 mères, qu’il élève sur une surface de 60 ha. Sur l’exploitation, le bien-être animal est favorisé par plusieurs facteurs, notamment par l’accès permanent aux pâturages pour la bonne conduite du troupeau. Celui-ci, nourri à l’herbe avec un complément de betteraves, et soigné sans antibiotiques, permet d’obtenir la qualité de viande recherchée aujourd’hui par le consommateur.

La proximité avec le consommateur

Joël Philippe privilégie ainsi le bien-être animal, valorise le lien et la cohésion sociale en misant sur le relationnel et adopte des valeurs qui intègrent le respect de l’environnement et de la protection de la nature. Aujourd’hui, Joël commercialise uniquement au niveau local, grâce à un partenariat avec le magasin Leclerc de Lannion. Il vend également des steaks hachés à l’Hermine Blanche à Trébeurden, permettant à ce restaurant de proposer des hamburgers maison haut de gamme.

Il met aussi en place la vente directe à la ferme ; les jours de vente sont établis en fonction des jours d’abattage. Pour Joël, « il est important que le consommateur voie d’où vient la viande ». À la ferme, la viande se vend par pièce au prix de 19,50 € le kg et non par colis, ce qui permet aux clients de choisir leurs morceaux de viande. Les produits sont proposés à un prix plus élevé, qui se justifie, aux yeux de tous, de par la spécificité de la race. L’abattage des bêtes s’effectue à Lannion, à 10 km de l’exploitation et à proximité des points de vente. « Nous sommes très attentifs à l’effet de l’activité sur l’environnement et nous sommes très vigilants pour avoir un bilan carbone le plus faible possible. Le consommateur y est sensible ». L’exposition de l’exploitation avec son parcellaire regroupé au bord de la départementale permet d’attirer l’œil des passants avec le mélange de couleurs des deux races bovines. « Vendre directement le fruit de son travail permet un échange entre le producteur et le consommateur », explique l’agriculteur.

Les attentes des clients évoluent et changent à grande vitesse. Afin de mieux les cerner, le producteur se rend une fois par mois dans l’enseigne de grande distribution qui commercialise ses produits, pour promouvoir sa viande directement auprès des consommateurs. Au-delà du seul prix de vente, ce temps passé en dehors de l’exploitation lui permet donc aussi de s’enrichir.

La classe 1A de BTS Acse / Lycée de Pommerit.

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