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Krone Premos : Des pellets de paille à la sortie du champ

Il sera bientôt possible de fabriquer des pellets de paille, de foin ou de luzerne destinés au paillage, à l’alimentation ou pour des chaudières directement au champ. Arnaud Besnier, entrepreneur à Villers-sur-Mer (14), a testé la Krone Premos pendant 15 jours. Un ou deux exemplaires de cette machine seront commercialisés l’an prochain.

« La Krone Premos est la seule unité mobile et intégrale de production de pellets au monde. Elle est capable de transformer de la paille, du foin ou de la luzerne en produit final directement commercialisable », lance James Charron, responsable commercial France pour Krone lors d’une démonstration à Villers-sur-Mer (14) le 9 juillet. L’idée de base est de densifier les fourrages pour diminuer les coûts de transports et limiter les capacités de stockage. « En passant dans la Premos, le produit est compacté entre 3 et 5 fois plus qu’avec une presse classique. Nous atteignons une densité comprise entre 600 et 700 kg/m3 », indique James Charron.

La Krone Premos avance à une vitesse comprise entre 1 et 3 km/h pour un débit de chantier de 5 tonnes par heure.

2 000 bars de pression à l’intérieur

Les équipes Krone travaillent depuis 7 ans sur cette ma-chine qui pèse aujourd’hui 16 tonnes, réparties sur un essieu tandem. Julien Claudon, responsable produit chez Krone France, décrit le mode de fonctionnement de la Premos : « Le rouleau packer écrase l’andain et assure une alimentation régulière du pick-up sans came. Le flux de paille passe ensuite par un rotor d’alimentation de 800 mm de large sans couteaux qui alimente un tapis de transfert de la même largeur. À l’intérieur, une pression de 2 000 bars est nécessaire pour pousser la paille dans 2 rouleaux matrices de 800 mm de largeur et 1 000 mm de diamètre.

Il en sort des pellets, de 16 mm de diamètre et de longueur variable selon le réglage prédéfini. Les bouchons sont à une température comprise entre 70 et 100 °C. Cette montée en température s’opère par la compression de la matière. Les pellets sont ensuite évacués sur la bande extérieure du rouleau par une vis de transfert. Ils passent alors dans un tambour tamiseur qui se charge de les dépoussiérer et les homogénéiser, les poussières retombent sur le tapis de transfert. Enfin, une bande transporteuse envoie les pellets dans la trémie arrière de 9 000 litres soit environ 5 tonnes de capacité. »

Les pellets de 16 mm de diamètre et de longueur variable selon les réglages sont stockés dans une trémie arrière d’une capacité de 5 tonnes.

5 tonnes/heure de débit de chantier

La Krone Premos est en cours de finalisation, elle réalise en ce moment un tour d’expérience européen pour recueillir les avis d’entrepreneurs utilisateurs. Arnaud Besnier, entrepreneur à Villers-sur-Mer (14), a pu tester la machine pendant 2 semaines. « Le début de la commercialisation est prévu pour 2020, le prix de vente sera d’environ 500 000 €. Nous allons commencer doucement en vendant 1 à 2 Premos en France l’an prochain afin d’assurer un suivi méticuleux », lance James Charron. Arnaud Besnier poursuit : « Pour rentabiliser cet investissement la presse à pellets doit pouvoir tourner 10 mois par an. Krone est en cours de finalisation d’un système pour travailler en poste fixe pour pouvoir l’alimenter avec des big. »

Il faut un tracteur d’au moins 400 chevaux pour tirer la presse à pellets. Arnaud Besnier a mis son Claas Xerion de 500 chevaux devant. Après une moissonneuse de 9,3 m de coupe, ce n’était pas de trop pour transformer les gros andains de paille en pellets. La vitesse de travail oscille entre 1 et 3 km/h et le débit de chantier se situe autour de 5 tonnes par heure selon les produits et les conditions. « J’ai de la demande pour faire des pellets afin de pailler les poulaillers ou les box des chevaux. Le foin ou la luzerne intéresse les éleveurs pour l’alimentation des bovins ou des chevaux. J’estime le coût de la prestation pour fabriquer des pellets au champ entre 120 et 140 € la tonne », conclut Arnaud Besnier. 

Une machine très pointue
À ce jour, la transformation en pellets de paille, foin et luzerne est maîtrisée. Cette machine est très pointue, la matière doit être à moins de 16 % de matière sèche (MS) pour être transformée en pellets. Si elle est entre 12 et 14 % de MS, l’humidité intrinsèque de la matière est suffisante pour faire le liant. Si la matière est entre 10 et 12 % de MS, de l’eau est ajoutée par des buses situées au-dessus du tapis d’alimentation. À moins de 10 % de MS c’est de la mélasse qui va permettre de poursuivre la fabrication de pellets. « Systématiquement, en fin de chantier, de l’huile est ajoutée pour éviter un blocage à la reprise le lendemain matin », précise Julien Claudon.

Pour l’alimentation et le paillage

Plusieurs utilisations sont possibles pour les pellets de foin et de luzerne qui peuvent entrer dans la composition de l’alimentation des ruminants. « Le produit est compact, sans poussière ni germe du fait de la montée en température lors de sa fabrication », précise-t-il. Les pellets de paille serviront plutôt pour du paillage en volaille, pour les chevaux, en porc ou même en bovins. « La capacité d’absorption est très élevée, 1 kg de pellets peut absorber jusqu’à 4 litres d’eau. » Enfin, une utilisation pour alimenter des chaudières est aussi envisagée. « Le pouvoir calorifique est élevé. 2,5 kg (3,5 litres) de pellets équivalent à environ 1 kg de fioul, c’est une économie substantielle notamment avec des cours pétroliers qui grimpent. »

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