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Une âme militante à cultiver

Après un temps fort en 2018 autour des élections aux Chambres d’agriculture, la FRSEA a souhaité prendre du recul pour réfléchir sur l’engagement collectif, lors de son assemblée générale, vendredi 28 juin, à Rennes (35).

Manque de temps, pression de l’entourage, refus de s’engager suite à une déception antérieure… Les raisons sont diverses et variées pour expliquer le non-engagement.

Un engagement lourd d’hérédité

« Pourtant, seuls des problèmes de santé peuvent empêcher un militant de s’engager », décrète Joël Chéritel, président du Medef Bretagne, invité à ouvrir le débat. Si ce dernier ne relève pas de baisse d’engagement sur ces deux dernières décennies au niveau des entreprises, le monde agricole, quant à lui, peine à renouveler ses candidats dans les organisations professionnelles. « Nous sommes moins nombreux et les forces vives sont éclatées dans nombre d’associations que ce soit au niveau social ou professionnel, sans compter la volonté de disposer plus de temps pour soi au niveau familial… », ajoute José Jaglin, secrétaire général adjoint à Jeunes Agriculteurs. Avant de préciser, en apostrophant ses collègues : « La notion du collectif, on est tous né dedans, c’est dans notre ADN. Jusqu’à présent, cela faisait aussi partie de l’éducation familiale et scolaire. Et on y reste car cela nous apporte : formation, épanouissement personnel… » Car tout engagement est enrichissant, un fait souvent non évoqué. « On se fait happer par l’actualité au quotidien, on n’a pas le temps de parler de notre engagement de manière positive.» « On travaille trop sur les difficultés, il en ressort une image d’engagement forcé », poursuit Jean-Alain Divanach, président de la FDSEA 29. « Pourtant, le renouvellement se fait paradoxalement en période de crise : on y détecte plus facilement des militants affectés par un sujet… », note Joël Chéritel.

Autre constat, l’engagement sur le long terme ne séduit pas la génération « zapping »… Le public change. Les modes de communication doivent suivre. « Que représentons-nous ? Quels sont les fondamentaux de nos engagements ? » C’est un travail que va mener JA durant deux ans pour réussir à porter un seul et unique message sur tous les territoires. « Notre message fondateur ne sera certainement pas très différent de celui que l’on porte, mais l’expression de notre envie d’être JA sera sûrement différente. » « Le projet FNSEA 2035, annoncé au congrès cette année, portera lui aussi sur les valeurs, les défis à relever, le tout sous un angle social, sociétal et humain », ajoute Daniel Prieur, secrétaire général adjoint à la FNSEA.

Accompagner ceux qui veulent s’engager

Selon Joël Chéritel : « Le chef d’entreprise doit prendre ses dispositions pour s’engager pleinement et sereinement : savoir s’entourer, déléguer en toute confiance, former ses collaborateurs… » Mais cela a un coût, « que le collectif doit prendre en charge. Ce sera l’enjeu des structures à vocation agricole », alerte José Jaglin. À l’exemple du service de remplacement « qui a compté jusqu’à 3,5 agents au sein même de la structure JA dans le Doubs », témoigne Daniel Prieur.

Quelle place pour les femmes ?
Comment sensibiliser les 30 % d’agricultrices à s’engager ? « Elles s’engagent plus tard dans le métier, et optent plus souvent pour un choix familial qu’un engagement professionnel », note Marie-Hélène Briand, de la FDSEA 22. « C’est un vrai défi, relance Joël Chéritel. Avec 26 % des femmes dans les entreprises au Medef, je souhaite dépasser le seuil de 30 %. C’est à nous les hommes, de les convaincre » pour qu’elles s’engagent dans la durée. « À la seule condition de reconnaître leur travail, leur donner des dossiers majeurs et ne pas les laisser en bas de l’échelle, juste pour satisfaire les quotas de parité », tacle Fabienne Garel, présidente de la FDSEA 22. À bon entendeur.
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