Edito

Comprendre la société

80 % des Français déclarent avoir de l’affection pour « leurs » agriculteurs. Mais des études et sondages montrent aussi une perte de confiance des consommateurs français dans leur alimentation. Cette défiance alimente l’agribashing ; à moins que ce ne soit plutôt l’inverse. Plutôt que s’en tenir à des postures intenables, le monde agricole doit chercher à comprendre et analyser les attentes sociétales dans leur globalité.
Prenons le bien-être animal : ce sujet est indissociable de la conscience animale qui est un sujet de recherche philosophique depuis l’Antiquité. Dans le texte de la Genèse, l’épisode du Déluge marque un tournant en plaçant l’animal « sous domination humaine ».

Au XVIIe siècle, la théorie des animaux-machines de Descartes conforte cette conception d’animal au service de l’homme. Avec la déchristianisation de l’Occident et les nouvelles connaissances scientifiques, les animaux sont désormais reconnus « êtres vivants doués de sensibilité », de surcroît capables d’éprouver des émotions. Qu’on le veuille ou non, cette approche change en profondeur la perception du statut de l’animal d’élevage. Demain, la société ne se satisfera plus de critères techniques comme une surface par animal pour apprécier le bien-être ou plus exactement le droit de l’animal. Le développement à marche forcée du plein air en volaille est la conséquence directe de cette perception intellectuelle et éthique des animaux dans notre société du 3e millénaire. Ces demandes « d’ouvrir la cage aux oiseaux », comme le chantait Pierre Perret, sont les prémices d’une évolution en profondeur de l’élevage pour les 10-20 ans à venir. En être conscient, l’accepter et agir en connaissance de cause, c’est s’assurer de faire perdurer l’élevage.

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