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L’Ukraine, nouveau concurrent aux portes de l’Europe

Depuis les années 2000, l’Ukraine développe fortement la production de volailles de chair. Aujourd’hui, autour d’un abattoir, nous retrouvons entre 15 et 20 fermes composées de 38 poulaillers de 1 680 m2.
François Cadudal, Itavi
François Cadudal, Itavi

« L’Ukraine compte 42,6 millions d’habitants, 42,7 millions d’hectares de SAU dont 32,5 millions de terres arables dont une forte proportion de “terres noires”, très fertiles. En 2016, l’agriculture représentait 12 % du PIB et l’agriculture et l’agroalimentaire sont le deuxième poste excédentaire du commerce extérieur », décrit François Cadudal, ingénieur au pôle économie de l’Itavi, lors de la journée nationale volaille de chair. À partir du début des années 2000, c’est la renaissance de l’aviculture en Ukraine. La production de volailles est alors destinée au marché national. C’est en 2008/2009 que la filière volaille ukrainienne s’oriente vers les marchés à l’export.

Des volailles exportées sans contingent

L’accord de libre-échange signé entre l’Union européenne et l’Ukraine a permis de mettre en place des contingents sur les exportations de volailles vers les pays européens. « Mais une faille dans cet accord permet aux entreprises ukrainiennes d’exporter leurs volailles sans contingent », constate François Cadudal. En effet, des poitrines traditionnelles avec le filet auxquelles s’ajoutent les humérus des ailes attachées (ces dernières représentant une part infime du poids total du morceau) arrivent en Europe sans contingent. Les filets sont ensuite levés dans une entreprise européenne pour se retrouver sur le marché.

Un modèle très profitable

L’entreprise MHP produit 60 % des volailles de chair en Ukraine. De nombreux acteurs, plus petits, y sont aussi dénombrés. « MHP est très orienté à l’export. Elle pèse pour 85,6 % des exportations de volailles du pays. Elle a développé la production en créant de gros sites d’élevage. Il y a quelque temps, le site type était composé de 16 poulaillers de 120 m de longueur sur 14 m de largeur. Aujourd’hui, les sites d’élevage qui se montent sont composés de 38 bâtiments. Nous retrouvons entre 15 et 20 fermes de ce genre placées autour d’un abattoir et avec une usine de fabrication d’aliment juste à côté. » Ce modèle est très profitable, MHP réalise 28 % de résultat opérationnel/chiffre d’affaires. Pour comparaison, l’entreprise LDC réalise 5 % de résultat opérationnel/ chiffre d’affaires. « Il faut rappeler que MHP a touché, sur la période 2003-2017, 430 millions de dollars d’aides de la Banque mondiale et 275 millions de dollars venant de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Entre 2006 et 2017, ils ont reçu 75 millions de dollars par an en aides diverses de l’État (TVA, aides directes,…). »

Forces et faiblesses du système ukrainien

ForcesFaiblesses
  • Disponibilité importante en matières premières végétales,
  • Main-d’œuvre bon marché,
  • Structuration fortement intégrée de l’industrie permettant d’optimiser les coûts et de  bénéficier des économies d’échelle,
  • Sécurité sanitaire des élevages,
  • Capacité des entreprises à intégrer les dernières technologies internationales,
  • Équilibre des marchés,
  • Implantation industrielle du leader en UE.
  • Dévaluation de la grivna renchérissant le coût des intrants importés (produits vétérinaires, génétique),
  • Marché intérieur à faible pouvoir d’achat qui implique une dépendance à l’export des entreprises,
  • Peu de concurrence sur le marché intérieur.
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