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La filière laitière marque le pas en Nouvelle-Zélande

Après une explosion sur les 20 dernières années, la production de lait néo-zélandaise stagne depuis 3 ans, rattrapée par des enjeux environnementaux et sociétaux.

La production laitière en Nouvelle-Zélande a doublé en 15 ans, atteignant des volumes équivalents à ceux de la France, sur une surface deux fois moins grande. Les fermes sont de taille importante, avec une moyenne de 410 VL sur 147 ha. Centrée sur le pâturage, la production par vache est de 4 300 L. Le pays exporte 95 % de sa production et participe à 30 % des échanges mondiaux.

La responsabilité sociétale des entreprises comme priorité

« La filière laitière est perçue comme stratégique avec un Etat facilitateur qui va avec la filière chercher les marchés », commente Alain Le Boulanger, délégué Grand Ouest de la Fnil, fédération française des industries laitières. Il a participé à un voyage de formation en début d’année en Nouvelle-Zélande avec d’autres acteurs de la filière française.

Les pouvoirs publics néozélandais sont même à l’origine de la création du géant coopératif Fonterra qui concentre 80 % de la collecte. Mais le développement rapide de la production a impacté l’environnement et les questions de disponibilité en eau, d’émissions de gaz à effet de serre, de bien-être animal font de plus en plus l’objet de débats. « Comme la filière souhaite préserver une image de respect de l’environnement, de « clean and green », elle place comme priorité la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) en écho aux questionnements des citoyens néo-zélandais et de ses clients étrangers », souligne Mélanie Richard, cheffe du service économie du Cniel. De nouvelles contraintes vont donc peser sur la filière.

Marché d’ingrédients et de poudres

Par besoin d’accroître la valeur ajoutée, des démarches de différentiation sont initiées (lait A2 avec des protéines plus digestes, lait de vache exclusivement nourrie à l’herbe (sans céréales) ou lait de traite de nuit (plus riche en mélatonine…). « Mais la Nouvelle-Zélande restera sûrement marquée « commodités » à cause de la nécessaire transformation du pic de lait de printemps en peu de temps et à moindre coût. » Même si le recours aux fourrages stockés et à la complémentation s’est accru ces dernières années, les systèmes restent essentiellement basés sur le pâturage.

Le « sharemilking », tremplin d’installation ?
Lors du voyage, le groupe a découvert un statut particulier en Nouvelle-Zélande : le sharemilking. « Cette solution peut être intéressante pour le renouvellement en permettant d’investir progressivement dans le capital », souligne Ludovic Blin, éleveur en Normandie. Le propriétaire détient les terres et finance une partie des charges et une autre personne, le sharemilker, gère le troupeau et le personnel et prend en charge une partie des intrants animaux et azotés, en échange d’une rémunération de 20 – 30 % du résultat. Dès qu’il le peut, le sharemilker achète le troupeau et peut alors obtenir jusqu’à 50 % du résultat. Mais avec la très forte volatilité des prix et le contexte difficile depuis 2014, ce statut est en baisse, présent sur 21 % des fermes. Le « contract milker » se développe, avec une rémunération fixe par kg de MS laitière produite. Il comporte moins de risques mais ses gains sont plus faibles en cas de conjoncture favorable. Les exploitations néozélandaises ont beaucoup de difficultés à trouver de la main-d’œuvre qui est souvent étrangère.
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