Élevage

Recherche en production porcine : L’insémination artificielle unique, toujours en ligne de mire

Diminuer le nombre d’IA permettrait une économie de main-d’œuvre et de semence dans les élevages. Un outil, testé il y a quelques années, a été modernisé par les Québécois. Il analyse le comportement de la truie pour définir le moment de l’insémination idéal.

La méthode d’encapsulation de la semence a suscité beaucoup d’espoirs il y a quelques années. Une seule insémination et une libération progressive des spermatozoïdes devaient soulager l’éleveur en diminuant drastiquement le nombre d’inséminations. La technique ne s’est pas diffusée faute de fiabilité. La programmation de l’ovulation par traitement hormonal n’a pas connu plus de succès en France et ne répond pas aux attentes sociétales de baisse d’utilisation de produits médicamenteux. Les éleveurs continuent donc d’inséminer deux à trois fois la même truie. Du moins en France ; beaucoup moins aux Pays-Bas où les éleveurs se contentent d’1,5 IA par truie. Tous souhaiteraient tendre vers l’IA unique…

Capteur de comportement

Les Québécois viennent de relancer un outil testé il y a quelques années, le Pigwatch®, un capteur de comportement qui détecte le début et la fin des chaleurs à partir de la mesure du temps passé debout dans les stalles de verraterie. « Pour savoir combien d’IA réaliser et quand, il fallait prédire la durée des chaleurs et le moment d’ovulation de chaque truie. Analyser les comportements, faire des estimations en temps réel et les valider par un suivi hormonal. Un travail de mise au point considérable qui a permis d’améliorer la précision de l’outil , explique Sylviane Boulot. Faire fonctionner du matériel électronique 24 heures dans les conditions d’ambiance de l’élevage était un vrai challenge. La communication sans fil donne une nouvelle jeunesse au dispositif commercialisé. « Le Pigwatch® permet d’éviter la 1re IA, souvent inutile et de positionner l’insémination au mieux. Il signale aussi si une 2e IA est nécessaire en cas de chaleurs longues. Des évaluations sur 50 000 truies montrent des résultats très encourageants : 1,5 IA pour 92 % de fertilité et plus de 15 nés totaux ».

L’intérêt de la technique dépendra du prix d’achat et des économies de main-d’œuvre et de doses d’insémination. « Confier le pilotage de la reproduction à un automate n’est pas une décision facile… La technique se répandra sans doute, dans un premier temps, dans certains bassins de production à l’étranger où la main-d’œuvre est moins qualifiée. ». Le procédé nécessite toujours d’équiper un grand nombre de places en verraterie (1 à 2 bandes). D’autres solutions permettant plus de liberté sont déjà à l’étude : suivi vidéo, accéléromètres à l’oreille sur les boucles. « Les essais en cours à l’Ifip confirment que ces techniques ont des applications variées, en particulier en lien avec le suivi de la santé des animaux. La mise au point et la validation en élevage prennent du temps car les algorithmes d’analyse sont spécifiques à chaque question ».

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