Découvertes

D’agriculteur à inspecteur au Gnis…

Sans expérience particulière en production de semences, Gwénola Le Visage Tual a décroché un poste d’inspecteur semences au Gnis par son statut d’agricultrice et son sens du relationnel.

Affairée sur son bureau, telle une business woman, Gwénola Le Visage Tual jongle avec son agenda, ses deux téléphones portables… En ce début de matinée, la traite et le soin aux animaux finis, elle planifie l’organisation de ses prochaines semaines où, durant la journée, après son travail dans sa propre exploitation à Brech (56), elle changera de casquette, pour endosser l’habit d’inspecteur.

En recherche de contacts

Prélèvement de bulbes d’échalotes en production de plants avant récolte dans le cadre de la certification.
Prélèvement de bulbes d’échalotes en production de plants avant récolte dans le cadre de la certification.

Ce n’est pas le premier qu’elle portera. Après le Contrôle laitier et le contrôle de gestation, la voilà qui ajoute depuis quelques années une corde à son arc professionnel avec la découverte du contrôle des parcelles et des lots de semences. En effet, circulant entre champs d’échalotes de fourragères et de céréales, en passant par l’information auprès des lycées agricoles, elle applique et fait appliquer les règlements techniques et explique les missions du Gnis (1) aux agriculteurs multiplicateurs ou futurs techniciens et éleveurs. Le contact humain, c’est un des atouts de l’agricultrice. Pour elle, c’est même une nécessité. On en retrouve des traces au travers de l’évolution de son exploitation avec des activités de vente directe, d’accueil de jeunes enfants sur sa ferme pédagogique…

« J’aime parler de mon métier. Faire déguster du lait de la ferme, voir les enfants s’approprier les odeurs, le goût, était plaisant et gratifiant. Une haie bocagère a aussi été plantée sur l’exploitation par des enfants de l’école de sa commune. C’est une belle image, pleine de souvenirs pour ces jeunes qui ont aujourd’hui une vingtaine d’années et qui la regardent toujours en passant devant l’exploitation. Une belle expérience… » Ces animations lui ont permis d’étoffer ses cartes de visite mais elles engendraient beaucoup de travail de préparation, de renouvellement, de prospection… sans grande rentabilité au final. Ce qui a valu l’arrêt de ces activités.

Saisir une opportunité

Mais en 2013, quand tout s’est arrêté, une période de doute s’installe. « J’avais besoin d’aller voir ailleurs, sans décrocher sur l’exploitation. » Alors vers quelles activités se tourner ? Reprendre le métier d’inséminateur, chercher une activité avec une approche plus commerciale ? Une petite annonce du Gnis dans Paysan Breton recherchant un mi-temps attire son regard. « Je n’y connaissais rien dans la production de semences. Mais j’ai tenté. Et mon expérience professionnelle en tant qu’éleveur a séduit. »

Encouragée par les propositions de formation en interne, et du tutorat avec des collègues qui ont plus d’expérience, Gwénola Le Visage Tual s’est lancée. Elle assure cette nouvelle mission d’inspecteur SOC (2) depuis quatre ans maintenant. La finalité de son travail est de permettre la certification des semences, une garantie de qualité pour les agriculteurs utilisateurs. « Sur le terrain, je retrouve mes homologues, des anciens élèves des lycées dans lesquels j’ai été formée… Et le milieu agricole étant rempli de passionnés, même dans un champ d’échalote, on arrive à parler de vaches! »

Présidente du syndicat de race et juge de concours, Gwénola Le Visage Tual a fait une halte au Space lors du concours Pie Rouge.


Présidente du syndicat de race et juge de concours, Gwénola Le Visage Tual a fait une halte au Space lors du concours Pie Rouge.

Car son cheptel, elle s’en occupe toujours le matin, avant de partir sur les routes, où elle engrange 20 000 à 22 000 km/an, de mai à octobre principalement. Son mi-temps d’inspecteur a exigé une nouvelle organisation familiale ainsi que sur l’exploitation. « Mais le terrain, ça me plaît. Cavaler dans les champs, ça me plaît », explique-t-elle, enjouée. Même si chaque visite nécessite un travail de bureau important avec la rédaction d’un compte rendu. « Je le fais à tête reposée. En prenant du recul, on est plus synthétique, plus efficace. »

Le goût des challenges

« D’apprendre au quotidien est un vrai leitmotiv. Aujourd’hui, je me forme pour me spécialiser sur la reconnaissance des maladies en production de semences. » Mais il est vrai qu’elle a toujours aimé se donner à corps perdu dans chaque mission qu’elle s’est fixée. Et les challenges, elle aime les gagner. Dès leur installation, avec son ami, passionnés de sélection, ils ont fait évoluer leur troupeau de Pie Rouge des plaines. L’objectif de
7 500 kg/vache/an a été rapidement dépassé avec un troupeau à 10 500 kg et une reconnaissance nationale de la race pour la productivité du troupeau il y a quelques années.

Maintenant, son nouveau challenge est de se spécialiser dans le plant de légumes. « Je ne travaille pas dessus à temps plein. C’est un handicap quand je dois passer d’une espèce à l’autre. Cela requiert une ouverture et une « gymnastique » d’esprit, de l’humilité et de savoir demander à mes collègues quand je ne sais pas, pour combler mes lacunes en productions végétales. » Faire deux activités correctement à la fois, c’est possible, selon elle, mais cela exige de l’organisation, de l’autonomie, de l’adaptabilité et beaucoup d’échanges avec ses collègues.

(1) Gnis : Groupement national interprofessionnel des semences et plants.
(2) Soc : Service officiel de contrôle et de certification

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