Huit films sur l’agriculture et la souveraineté alimentaire

Représentant diverses organisations agricoles et solidaires, l’équipe organisatrice d’AlimenTerre prend la pose dans le jardin du Résia à Saint-Brieuc. - Illustration Huit films sur l’agriculture et la souveraineté alimentaire
Représentant diverses organisations agricoles et solidaires, l’équipe organisatrice d’AlimenTerre prend la pose dans le jardin du Résia à Saint-Brieuc.
Comme tous les ans, le Festival AlimenTerre propose des projections de documentaires et des débats autour des systèmes agricoles, de l’avenir du foncier nourricier, des relations Nord-Sud…

La 12e édition du festival de cinéma documentaire AlimenTerre en Côtes d’Armor se déroulera du 15 octobre au 30 novembre aux quatre coins du département. Principe de cet événement à étapes, chaque projection est suivie d’un débat entre les spectateurs et des témoins. Cette fois, la sélection nationale s’est arrêtée sur 8 films. « Comme chaque année, il est question de solidarité locale et internationale et de souveraineté alimentaire. En trame de fond, le festival fait sans cesse le lien entre ce qui se passe ici, dans nos campagnes et notre société de consommation, et ailleurs… », explique Alain Le Flohic, administrateur au Résia (Réseau solidarités internationales Armor) et parmi les organisateurs du festival. « Les enjeux et problématiques comme les questions de la ressource en eau, bien public, ou de la malbouffe dans d’autres pays nous concernent aussi directement. »

Parler de la réalité de l’installation

Lundi 15 octobre, la soirée d’ouverture s’articulera autour de la projection du film « Les champs des possibles » à 20 h 30, au Club 6 à Saint-Brieuc. Anciens architecte paysagiste et musicien, Agathe Le Mire et Gabriel Hingant, producteurs de légumes et petits fruits installés récemment à Plévenon après une reconversion professionnelle, témoigneront après la séance. Ils livrent leur ressenti : « Ce documentaire propose une série de portraits de personnes qui se lancent dans l’agriculture. Il montre la réalité du cheminement et parle, par exemple, des questions d’accès à la terre en s’arrêtant sur des fermes d’échelles différentes qui s’engagent. Cela montre notamment qu’il n’y a pas qu’une seule forme de changement… »

Un film qui résonne avec leur propre histoire. « L’installation, ce n’est pas facile, mais ce n’est pas non plus un parcours de galériens. Malgré tout, partout des initiatives émergent. Des gens soutiennent et encouragent les porteurs de projets. C’est très motivant. Nous aussi, nous avons eu des difficultés à trouver du foncier. Nous avons aussi pris le temps de nous former en travaillant chez les autres », confient-ils.

Et de poursuivre : « En France, tout le monde ne sait pas qu’il existe des systèmes pour maîtriser le coût de la terre. Mais il n’y a pas que le problème de la disponibilité ou du prix. Il y a aussi des règles de priorité d’accès qui encadrent l’indispensable droit administratif d’exploiter. » Les deux jeunes terminent en expliquant que l’agriculture paysanne n’est pas un « délire de citadins qui veulent manger sain ». Sur leur commune, leur clientèle est aussi faite de personnes âgées qui ne peuvent plus cultiver leur propre potager et qui veulent manger des légumes frais. « Ils apprécient nos arrivées car cela redonne du dynamisme dans les villages. »

20 projections en milieu scolaire

En plus des séances publiques, une vingtaine de projections en milieu scolaire —« dans plusieurs lycées agricoles notamment et pour la première fois dans un collège », précise Marion Bouchevreau du réseau Biocoop— ainsi qu’à la Maison d’arrêt de Saint-Brieuc sont prévues. « Ces temps ont une vraie portée pédagogique. L’idée est de susciter une réflexion chez les jeunes. Un film de 30 minutes comme « Mexique, sous l’emprise du coca » qui raconte les dégâts de la surconsommation de soda dans une contrée lointaine et reculé du pays d’Amérique centrale permet de laisser le temps à un professeur de débattre ensuite avec ses élèves sur une problématique qui les concerne également », explique Cécile Jamoneau du Gab 22. 

La responsabilité du citoyen

Les organisateurs du festival AlimenTerre espèrent montrer que chacun a son mot à dire. « Par exemple, nous, citoyens, pouvons agir et soutenir l’installation agricole en prenant des parts dans des SCI ou des GFA via des organisations comme Terre de liens, notamment pour des porteurs de projet hors-cadres familiaux alors que le foncier se transmet souvent d’une génération à une autre. Nous pouvons aider à préserver la terre agricole et limiter la spéculation en permettant à des initiatives d’exister alors que le patrimoine de certaines exploitations est devenu trop important pour imaginer l’achat par un nouvel agriculteur », explique Alain Le Flohic. Agathe Le Mire poursuit : « Notre avenir se joue aussi dans nos assiettes. Nos consommations ont un impact local, national et international. Chaque jour, on choisit de façon assez directe qui et ce qu’on soutient… »

Demandez le programme : La sélection des films, les dates, horaires et lieux des projections sur : www.festival-alimenterre.org


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