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Le couvert nourrit aussi la faune sauvage

Les plantes semées en interculture apportent non seulement au sol, mais aussi à la faune sauvage. Rencontre avec un technicien qui conseille les mélanges et la barre d’effarouchement lors du fauchage d’une dérobée.

Un couvert végétal a différentes vocations agronomique ou alimentaire quand il s’agit d’une dérobée. Mais il est également très intéressant pour toute la faune sauvage qui gravite autour et dans les champs.

Rôle alimentaire et de refuge

David Rolland, technicien à la fédération de chasse des Côtes d’Armor.
David Rolland, technicien à la fédération de chasse des Côtes d’Armor.

« Les couverts ont forcément un rôle pour les pollinisateurs, mais peuvent aussi être consommés en vert par certaines espèces comme les chevreuils ou les gallinacées. Même gelés, les résidus sont intéressants, en créant un tapis qui sert de refuge aux bécasses », explique David Rolland, technicien à la fédération de chasse des Côtes d’Armor, lors d’une journée Innov’action à Sainte-Tréphine (22), chez Guy Le Pavec. Et certaines espèces de couvert sont plus appréciées par les chasseurs que les autres.

Le radis est circulant

« Les radis utilisés en couvert montent en végétation et sont très circulants », note le technicien. La faune se faufile dans cette protection naturelle, créant ainsi un réseau trophique bénéfique pour les cultures. Et le chasseur de rappeler qu’ « il y a 10 fois plus de faune dans un couvert en mélange que dans une parcelle mono-spécifique ». Dans un test entre deux champs côte à côte, le technicien a pu lever des chevreuils, mais aussi différents passereaux, des lièvres, des bécassines et des bécasses dans les parcelles semées en mélange. Cette faune sauvage était beaucoup moins présente dans les champs ne comprenant qu’une seule espèce végétale. « Nous préconisons au moins trois espèces dans un couvert ». Des semis précoces favorisent la montée en graine ou du moins la floraison, source de nourriture pour les granivores et les insectes. « Il faut que les plantes aient le temps de produire une fleur pour pallier le manque de nourriture. Nous aimons les couverts qui durent dans le temps, avec une destruction au moins au 15 mars ».

Effaroucher au moment de la fauche

Le technicien chasseur con-seille aussi d’être vigilant au moment de la fauche des dérobées, pour ne pas blesser les chevreuils ou pour ne pas détruire les nids. La fédération de chasse a mis cette année à disposition des agriculteurs une barre d’effarouchement qui se positionne devant le tracteur. Les doigts de faneuse chassent le gibier, avant le passage de la barre de coupe. « Le temps de travail n’est pas pénalisé, la vitesse d’avancement pouvant aller jusque 9 km/h. Le bras est repliable hydrauliquement pour ne pas ajouter de contraintes au chauffeur ». La barre d’effarouchement est disponible pour les agriculteurs de ce secteur costarmoricain. Le bassin versant du Sulon (22) fait l’objet d’un Groupement d’intérêt cynégétique (GIC). « Ce regroupement de chasseurs a la volonté d’implanter une population naturelle de faisans ». Aujourd’hui, plus aucun lâcher n’est réalisé, signe d’un environnement de qualité. Les couverts nourrissent les animaux et le sol, et les producteurs limitent l’impact de l’utilisation de matériels pour laisser cette faune s’épanouir. 

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