Mesurer l’effet des cultures associées

Les élèves ont pu bénéficier des structures de production du lycée, et de l’aide précieuse d’Isabelle Jaffro, professeur de biologie, et d’Élise Breton, technicienne de laboratoire du lycée. - Illustration Mesurer l’effet des cultures associées
Les élèves ont pu bénéficier des structures de production du lycée, et de l’aide précieuse d’Isabelle Jaffro, professeur de biologie, et d’Élise Breton, technicienne de laboratoire du lycée.
Associer des espèces végétales a de nombreux avantages agronomiques et gustatifs. C’est le constat qu’ont pu faire les étudiants du lycée de Suscinio, à Morlaix (29).

L’agro-écologie, c’est génial. C’est du moins ce qu’ont pu se rendre compte des élèves de terminale scientifique du lycée agricole de Suscinio, à Morlaix (29). En mettant en place un essai innovant, épaulé par l’équipe pédagogique, les étudiants ont souhaité comparer l’effet de cultures maraÎchères quand elles sont associées, en mesurant les résultats sur le rendement et sur les qualités gustatives des légumes. Cette démarche leur a permis de participer brillamment au concours inter-lycée intitulé « C’est Génial », joute nationale qui met en avant les sciences et les techniques. L’établissement finistérien était le seul lycée à représenter la région, et a donc présenté le projet lors de la finale à Paris.

Côte de bette et betterave côte à côte

Dans la pratique, « la monoculture associe bon nombre de parasites. Historiquement, les plantes sont associées en Bretagne », explique Isabelle Jaffro, professeur de biologie dans le lycée, et qui a avec d’autres professeurs et le directeur René Cuinet poussé les élèves à participer au concours. 13 futurs bacheliers se sont donc lancés dans la culture de navet, betterave et côte de bette, en culture seule ou associée pour pouvoir comparer leur comportement. « Nous avons pu observer une activité biologique plus intense en cultures associées, avec des arthropodes et des nématodes plus présents. Les exsudats racinaires, plus diversifiés, attirent cette microfaune. Cette population d’insectes différents participe aussi à la minéralisation de la matière organique », estime le professeur.

Les associations se sont avérées bénéfiques au niveau rendement pour les côtes de bette et les betteraves, avec des teneurs en sucre moins importantes. Au contraire, le navet perd en rendement, mais gagne en saveur sucrée. « Il peut se présenter une compétition entre les plantes, de ce fait le navet a sans doute privilégié ses réserves en sucre ». Pour trancher sur le côté gustatif de ces légumes, d’autres élèves « cobayes » de terminale STAV (science et technologies de l’agronomie et du vivant) se sont délectés de cette production biologique, afin de noter les saveurs. Il est des exercices qui sont moins agréables…

Rebelote avec l’épinard et la roquette

Cette année scolaire, d’autres élèves ont repris le flambeau de la recherche. Au menu, une association roquette/épinard, choisie par les élèves et le chef de l’exploitation, plantée au 7 novembre. Le protocole comprend 24 micro-parcelles : 8 en épinard pur, 8 exclusivement en roquette, et 8 associées par les deux légumes plantés en quinconce. La surface dédiée à l’essai a été élargie, le choix des espèces collant au calendrier scolaire. Des mesures de croissance des feuilles sont en cours et réalisées de façon hebdomadaire, ainsi qu’un comptage du nombre de feuilles. « Il y aura au printemps plusieurs récoltes, avec pesées. L’analyse sensorielle s’avérera plus délicate, les deux légumes étant consommés ensemble ». Ces réflexions ouvrent des perspectives techniques, mais surtout servent de base à l’apprentissage des élèves. Quant aux côtés gustatifs des légumes, chacun se prend à rêver à garnir les assiettes de grands restaurants des légumes biologiques qui ont poussé en terre finistérienne.


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