Economie, marchés et gestion

“J’ai remplacé les annuités par des charges sociales”

Recourir au service de Partag’emploi permet de soulager la charge de travail, sans avoir à gérer les volets administratifs. Rencontre avec deux éleveurs qui se partagent les services d’un salarié.

Embaucher un salarié peut s’avérer compliqué sur certaines exploitations : coût financier, réglementation, relation humaine… peuvent être des freins à l’embauche. La solution d’emploi partagé peut devenir une solution durable pour l’employeur, qui est épaulé quelques jours par semaine sur son exploitation.

« La charge de travail devenait trop lourde »

Jean-Yves Cam, producteur de lait sur Ploudiry, était auparavant installé en Gaec. Suite au départ en retraite des associés, « la charge de travail devenait trop lourde. Je me suis alors tourné vers Finistère Remplacement pour répondre à mon besoin de main-d’œuvre », témoigne-t-il. La solution n’est que provisoire, car l’éleveur choisit rapidement de passer par les services de Partag’emploi, « pour gagner en sérénité ».

Romain Monot intervient alors deux jours par semaine, car il ventile son temps de travail entre trois exploitations. Dès lors, c’est une bouffée d’oxygène pour l’éleveur. « Je n’ai pas à m’occuper des bulletins de salaire, tout est confié à Partag’emploi. Ce salarié paille 2 fois par semaine les logettes, gère la traite du soir, m’aide à remettre en état le matériel. Les rendez-vous avec le comptable sont pris le jour de sa présence ». Pour autant, pas question pour Jean-Yves Cam de déléguer uniquement les tâches ingrates ou répétitives. « Le salarié fait de tout, comme le chef d’exploitation ».

Voir aussi :  Une semaine pour montrer les possibilités d’embauche

Mieux, la venue de Romain Monot a coïncidé avec différents investissements, qui n’auraient sans doute pas été effectués sans sa présence : un chien électrique pour pouvoir traire seul, une pailleuse, un Dac. Depuis, Romain Monot intervient trois jours par semaine, et est partagé non plus sur trois mais sur deux exploitations. « Il n’y a pas de routine, les façons de travailler sont différentes d’une exploitation à l’autre », explique le jeune remplaçant, embauché en CDI après sa licence en management des organisations agricoles.

Se mettre à la place du salarié

À la tête d’un élevage de porc à l’engraissement et produisant également 280 000 L de lait, Patrice Tranvoiz a souhaité investir dans cette main-d’œuvre partagée sans mettre en péril son exploitation. « J’ai remplacé les annuités par des charges sociales. C’est un luxe, mais c’est l’orientation que je souhaitais donner à la ferme, pour me soulager moi-même », explique-t-il. « Je suis tombé tout de suite sur la bonne personne. Je garde le côté élevage, je peux déléguer à Romain tous les travaux des champs. Il est polyvalent, peut aussi bien effectuer les semis, mais aussi bricoler, comme le bardage que nous avons refait sur un bâtiment ».

Voir aussi :  Travail, la surcharge pointe

L’éleveur finistérien avoue être devenu plus exigeant envers lui-même, en prenant par exemple de bonnes habitudes sur le marquage des animaux. « Nous ne sommes jamais à l’abri d’un accident ». Signe que le salarié partagé a modifié les habitudes, la traite est avancée à 16 h, « sans perdre sur la production. C’est plus compliqué, mais on y arrive très bien, pour adapter les horaires de chacun ». Le gros du travail est ainsi terminé vers 18 h, pour le confort de tous.

Une réserve de salariés

Nous possédons une réserve de salariés pour correspondre aux profils et aux motivations des agriculteurs. Le service est souple et lors des congés les adhérents partent plus sereinement en vacances. Nous avons énormément de demandes suite au départ des parents de l’exploitation, qui aidaient sur différentes tâches.Tanguy Héré, Responsable secteur Nord pour Partag’emploi

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