Strongles et autres parasites dans le viseur

Le Groupement technique vétérinaire (GTV) de Bretagne lance son Breizh Vet Tour 2017. Cette tournée régionale pédagogique s’attaque, cette fois, au parasitisme. Dr Mickaël Martin nous parle de ce sujet « complexe ».

Strongles, mouches, tiques, coccidies, teigne, cryptosporidies, ténia… La liste des parasites du bovin est longue. Quel sera le sujet central du Breizh Vet Tour 2017 ?

Mickaël Martin, vétérinaire membre des GTV Bretagne

“Effectivement, des parasites-organisme qui subsiste aux dépens d’un autre organisme- il y a en a pléthore chez le bovin. D’ailleurs, sur le terrain, le « parasitisme » est multiple. Il induit des pathologies très diverses : maladies digestives, respiratoires, sanguines, dermatoses… Il peut même avoir des conséquences sur la reproduction provoquant des avortements. Il ne s’exprime pas toujours de manière clinique, mais induit bien souvent des baisses de performances ou entame le bien-être des animaux comme la gêne au quotidien occasionnée par les mouches…

Dans tout ça, les vétérinaires des GTV Bretagne ont décidé de s’intéresser en particulier aux parasites liés au pâturage au travers de quatre d’entre eux : strongles, douves, tiques et mouches. Sur scène, des praticiens vont d’ailleurs se glisser dans le costume de ces malfaiteurs au fonctionnement très différent. L’humour sera une fois de plus au service de la pédagogie.”

Vous tenez à mettre l’accent sur la question des strongles gastro-intestinaux. En quelques mots, quel est le message à faire passer ?

“Les éleveurs le savent, l’objectif est que la génisse ait acquis face à ce parasite bien spécifique une immunité solide avant la première mise bas. Mais pour cela, la stratégie de lutte varie bien souvent d’un élevage à l’autre en fonction de la date de première sortie à l’herbe, de la rotation des animaux sur les paddocks, du chargement, du climat de l’année, de la présence de zone humide… Veut-on assurer un très bon GMQ pour faire du vêlage précoce en limitant les infestations parasitaires au maximum ? Ou privilégie-t-on au maximum l’acquisition de l’immunité au risque de perdre un peu sur les performances de croissance ?

Dans la gestion des strongles, trouver le bon équilibre entre maîtrise de la charge parasitaire et production d’anticorps contre les strongles reste complexe. On insiste sur la notion de Temps de contact efficient (TCE) : hors période de protection (rémanence de traitement) et de sécheresse, le jeune bovin doit être confronté aux parasites pendant au moins huit mois sur les deux premières années.”

Quel est l’enjeu de ce TCE cible ?

En théorie, une vache qui a acquis une bonne immunité en génisse verra ses traitements antiparasitaires internes limités et raisonnés en fonction des rotations de pâture et du climat de l’année.
Beaucoup d’éleveurs avaient pour habitude de pratiquer un traitement par an sur les vaches au cas où… Avec l’analyse par densité optique sur le lait de tank, le niveau d’anticorps anti-Ostertagia à l’échelle du troupeau est mesuré en laboratoire. Ce dosage, désormais interprété conjointement avec le TCE des génisses, permet d’affiner la stratégie anti-parasitaire de l’éleveur.

Grâce à l’échange entre l’éleveur et le vétérinaire et au recours aux examens complémentaires adaptés (coproscopie, sérologie, densité optique…), la finalité est la prescription des bons traitements, lorsqu’ils sont nécessaires, au bon moment sur les bonnes populations animales. Au même titre que les antibiotiques, la réduction et la bonne utilisation des antiparasitaires sont un challenge de la filière pour les années à venir.

L’impact du parasitisme

« L’impact parasitaire peut aller de bénin à grave selon le parasite », explique Mickaël Martin. Il est ainsi « difficile » de mesurer les conséquences économiques précises du parasitisme. Mais ce dernier peut être relié à un mauvais développement immunitaire, à des croissances affectées… « Des études montrent que des lots d’animaux déparasités pâturent plus, produisent plus de lait. Les parasites intestinaux pénalisent l’ingestion et réduisent l’efficacité alimentaire. » Pour le vétérinaire, même les mouches peuvent provoquer une baisse de lait de 0,5 à 1 L par jour : « La gêne occasionnée finit par induire une baisse d’ingestion au pâturage, moins de rumination et une augmentation de la dépense énergétique pour chasser les insectes, sans oublier la perturbation à la traite. »

Rendez-vous

  • Finistère : jeudi 7 décembre, salle de l’Arvest à Pleyben ;
  • Morbihan : mardi 12 décembre, salle de la Maillette à Locminé ;
  • Côtes d’Armor : jeudi 14 décembre, Palais des congrès de Brézillet à Saint-Brieuc ;
  • Ille-et-Vilaine : jeudi 21 décembre, salle du Zéphyr, à Châteaugiron.

Places limitées, cocktail déjeunatoire. Inscription auprès de son vétérinaire.


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