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Colza : limiter l’usage du régulateur d’automne aux situations à risque

En Bretagne, la majorité des semis ont eu lieu entre le 5 et le 15 septembre ; les derniers semis sont en cours.

Pour une majorité des parcelles bretonnes, les colzas sont au stade cotylédons voire 1 feuille. Les colzas semés tôt (avant le 20 août) et qui ont bénéficié de conditions favorables à la levée se trouvent au stade 4-6 feuilles voire plus. Dans ces situations et en cas de densités excessives à la levée, d’utilisation de variétés sensibles à l’élongation d’automne et de disponibilités en azote fortes, il peut exister un risque d’élongation.
Pour les colzas à levée plus tardive, il est encore trop tôt pour se prononcer sur le risque.

La régulation à l’automne ne doit pas être systématique

Cette année, les levées avant le 20 août sont les plus à risque. L’outil “Régulateur d’automne” disponible gratuitement sur le site www.terresinovia.fr permet de savoir si vous êtes en situation à risque.

Il faut savoir qu’un colza ne peut élonguer que si le cumul de températures depuis sa date de levée est supérieur à 500 °C en base 5. Il ne convient d’intervenir uniquement dans les parcelles à risque d’élongation fort. « Dans ce cas et uniquement dans ce cas, intervenir avec un régulateur de croissance à partir de 6 feuilles du colza », insiste Terres Inovia. Au-delà de 8 feuilles, le régulateur n’empêche pas les élongations.

Suivre aussi l’arrivée des grandes altises

Depuis le 1er septembre, les températures journalières sont nettement en deçà des normales saisonnières (-1,9 °C à -2,7 °C en moyenne selon les stations par rapport à la séquence 1997-2016). Les pluies sont, elles aussi, excédentaires avec des cumuls d’environ +15 à +35 % par rapport à la normale. Les colzas semés début septembre sont au stade B1 à B2. Pour les semis du 5 au 15 septembre les colzas sont en cours de germination ou au stade cotylédons.

Pour les derniers semis, le rythme de développement du colza n’est pas très soutenu, le risque reste entier vis-à-vis des ravageurs type limaces et grosses altises. De la levée à 3 feuilles, les insectes grignotent les jeunes plantules et peuvent provoquer perte de vigueur et retard de développement de la culture voire disparition de plantules dans les cas extrêmes.

Le seuil de dommage réel est atteint à partir de 25 % de « grignotement » des cotylédons et premières feuilles. Plus les dégâts arrivent tôt (sur cotylédon notamment), plus les préjudices s’accroissent. Si quelques captures de grosses altises ont pu déjà être enregistrées en Pays de la Loire, une hausse de températures peut généraliser la sortie des grosses altises.

Les captures dans les cuvettes

jaunes, en position enterrée, servent à détecter l’arrivée puis l’activité des altises d’hiver. Mais les pièges jaunes ne sont pas un outil de décision de traitement. C’est l’observation très régulière, à la parcelle, de l’état du colza entre les stades cotylédons et 3 feuilles, qui guide le raisonnement. En cas de besoin, les traitements se réalisent sur un colza n’ayant pas atteint le stade 3 feuilles étalées. Le seuil de nuisibilité est de 8 pieds sur 10 avec présence de morsures, sans dépasser le quart de la surface végétative détruite. Et plus que le seuil, la vitesse d’accumulation des dégâts et la vitesse de croissance de la culture sont les critères à prendre en considération, quasiment au jour le jour pour bien appréhender le risque.

Source
Terres Inovia
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