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Lait : moins d’antibiotiques grâce à l’aromathérapie

Exergue
  • Philippe Riaux est seul sur son exploitation qui totalise 54 vaches (300 000 L) sur une SAU de 57 ha, en conversion bio depuis 1,5 mois. 20 ha repris en 2010 ont permis de gagner en autonomie fourragère. De 40 ha, la surface en herbe va être augmentée. Les 8 ha de céréales ont été arrêtés et le maïs va passer de 9 à 3 ha. Contre le parasitisme, le producteur va chercher des solutions non chimiques.
Philippe Riaux, éleveur à Gosné (35), utilise les huiles essentielles depuis 2010 sur son troupeau laitier. Contre les mammites, mais aussi les diarrhées des veaux.

« Depuis que j’utilise les huiles essentielles, je n’ai plus recours aux antibiotiques pour soigner une mammite en lactation », indique Philippe Riaux. Ces concentrés de plantes (ravintsara, cardamome, eucalyptus) sont appliqués matin et soir sur la mamelle, le pli du grasset ou le jarret, en dix traitements minimum. « Il faut observer les vaches et intervenir le plus tôt possible, bien cibler et jongler avec les huiles en fonction des symptômes… » L’éleveur note ses traitements dans un cahier situé dans la salle de traite. « J’ai ainsi une bonne vision de l’efficacité du protocole. Mes comptes-rendus de formation et mes huiles essentielles sont également dans la salle de traite : une boîte spéciale mammite. »

Par ailleurs, « sur 75 % des vaches laitières, le tarissement se fait avec un obturateur, sans antibiotique. Les 25 % restantes, qui ont fait une mammite dans l’année ou ont plus de 200 000 cellules, sont traitées avec un antibiotique. En été comme en hiver, les taries sont sorties. »

Aromathérapie.
Aromathérapie.

Sélection sur les cellules

Certes, la situation est saine au préalable sur l’élevage. « Depuis mon passage en logettes en 2008, je n’ai pas plus de 5 mammites par an. Et mes vaches sont dehors le plus longtemps possible. En décembre et janvier, elles sont en bâtiment, mais sortent parfois dans la journée. Les vaches à plus d’1 million de cellules sur plusieurs mois de lactation ne sont pas gardées. Je sélectionne sur ce critère ; je n’ai quasiment jamais de pénalités. »

N’étant plus au contrôle laitier, l’éleveur réalise lui-même un échantillonnage sur chaque vache qui est analysé au Lillab. « C’est indispensable pour suivre l’évolution d’une mammite, décider du protocole de tarissement. J’ai investi avec deux autres agriculteurs dans un appareil de prélèvement. »

Des huiles essentielles sont aussi utilisées avec succès sur les diarrhées des veaux (cause de deux pertes seulement sur le dernier exercice). Là aussi l’intervention doit être rapide. « Les veaux gardent la même quantité de lait, en deux tétées par jour, dans lesquelles sont ajoutées les huiles essentielles (basilic, romarin). Quand ils ne boivent pas, je leur donne au biberon ou en spray dans la bouche. Je leur administre aussi de l’argile bentonite. » L’éleveur n’utilise pas d’antibiotique ni de réhydratant, juste un thé de foin entre les repas éventuellement. « Après le vêlage, les veaux reçoivent le colostrum et le lait de leur mère pendant une semaine minimum. »

Ces pratiques permettent au producteur de contenir ses coûts vétérinaires qui se situent à 22 €/UGB (56 € en moyenne). Sur les boiteries, problème récurrent sur l’élevage, Philippe Riaux aimerait trouver une solution. Peut-être pourra-t-il tester le vinaigre de cidre en cure de 5 jours lors des transitions alimentaires. « Je donne 1 L dilué dans l’eau pour 10 vaches. Le mélange est réparti sur l’alimentation », confie une éleveuse.

Mutualiser les expériences
Philippe Riaux s’est formé à l’aromathérapie en groupe Adage 35. « C’est indispensable pour connaître les précautions d’utilisation. Et cela m’a permis de partager mes expériences avec celles des autres pour avancer », témoigne Philippe Riaux. D’autres groupes existent en Bretagne sur la thématique de la santé du troupeau et des médecines alternatives. Une rencontre était organisée le 27 juin, rassemblant une cinquantaine de personnes issues des réseaux FRGeda Bretagne et Adage 35. Les participants ont pu échanger et repartir avec de nouveaux protocoles à tester, des méthodes de travail, des ressources à mobiliser (formateurs, fournisseurs d’huiles…).
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