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La technique du colza associé limite le recours aux herbicides

Semer son colza avec des légumineuses permet une rapide couverture du sol à l’automne pour ne pas avoir à désherber ou juste en rattrapage. Ces variétés gélives laissent la place au colza en sortie d’hiver.

Jean-Yves Peres qui produit du lait et des légumes sur la commune de Kerfourn a introduit depuis 2 ans la culture de colza dans sa rotation. « Je voulais allonger la rotation blé en introduisant du colza car j’avais des problèmes de piétin échaudage à l’époque. » L’agriculteur a expliqué sa technique de culture du colza en association pour réaliser des économies de désherbage lors d’une après-midi technique organisée par le Civam 56 et le syndicat de la vallée du Blavet, le 11 juillet. « Le colza a été conduit en association dès la première année où il a été introduit dans la rotation », explique Jean-Yves Peres.

Le trèfle blanc est déjà bien développé sous le colza, il attend la récolte pour pouvoir profiter de la lumière et produire du fourrage pour les vaches laitières.
Le trèfle blanc est déjà bien développé sous le colza, il attend la récolte pour pouvoir profiter de la lumière et produire du fourrage pour les vaches laitières.

Un IFT herbicide compris entre 0 et 0,5

Lors du semis de colza, Jean-Yves Peres fait un mélange de graines de plusieurs espèces de légumineuses avec celles de colza. « En 2015 j’ai associé 3 variétés de trèfle blanc au colza. Cette année j’ai semé du fenugrec, de la lentille, du trèfle d’Alexandrie et du trèfle blanc au colza. Ce sont des espèces qui poussent mieux à l’automne. Pour les prochains semis de colza je pense associer du sarrasin car il pousse vite et je suis sûr qu’il va geler durant l’hiver. » Maude Retailleau, animatrice technique au Civam poursuit : « Le couvert de légumineuses permet d’une part d’avoir un sol toujours couvert, et d’autre part de bénéficier d’un fourrage disponible rapidement après la récolte du colza. » Ces légumineuses associées au colza sont gélives, elles poussent bien à l’automne et couvrent le sol pour ne pas laisser la place aux adventices. Elles disparaissent après l’hiver pour ne laisser la place qu’au trèfle blanc qui attendra la récolte du colza pour se développer. « Grâce à cette technique, l’an dernier je n’ai pas employé d’herbicide. Cette année, j’ai simplement fait un anti-graminées fin septembre car j’avais des repousses de céréales. Mon IFT herbicide était de 0 en 2016 et de 0,5 en 2017. »

Tromper les méligèthes
Lors du semis de colza, Jean-Yves Peres mélange 6 % de colza de variété Alicia qui est très précoce à la variété qu’il a choisie. « L’Alicia va fleurir en premier et attirer les méligèthes. Je protège ainsi mon colza et j’économise un insecticide. » Autre avantage de ne pas faire d’insecticide il reste un peu de méligèthes dans les parcelles qui, en petit nombre, ont un rôle bénéfique puisqu’elles ont un effet pollinisateur sur la culture.

Une aide de 80 €/ha

Semer du colza associé offre donc plusieurs avantages : il n’y a pas besoin de beaucoup de traitements, pas de semis de couverts à réaliser après la récolte et l’agriculteur profite du trèfle pour nourrir ses vaches laitières. « Après la récolte le trèfle blanc se développe à travers les cannes de colza broyées. Selon la localisation de la parcelle, il est soit pâturé, récolté en enrubannage ou enfoui. L’an dernier il a été pâturé fin septembre. »
Pour encourager ces pratiques de semis de cultures associées, le syndicat de la vallée du Blavet verse une aide de 80 €/ha à Jean-Yves Peres dans la limite de 5 ha. « Avec un coût d’implantation de 83 €/ha, cette aide couvre mon coût de semences », conclut l’agriculteur.

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Des mélanges variétaux en blé
Le syndicat de la vallée du Blavet incite aussi les agriculteurs à semer des mélanges variétaux de céréales. Une aide de 50 €/ha dans la limite de 5 ha peut être versée. Les 17 ha de blé de l’exploitation de Jean-Yves Peres sont un mélange de 5 variétés : Absalon, Cesario, Nemo, Tulip et Cellule. Ces variétés ont quasiment toutes la même précocité. « Cela simplifie les choses puisque je récupère ma semence de ferme. Je partage le risque. La nature n’aimant pas l’uniformité, les maladies ont plus de mal à venir. » Grâce à cette technique, l’agriculteur limite ses dépenses en produits phytosanitaires. Il estime son coût de désherbage à 26 €/ha et 50 €/ha en fongicides. « Depuis que je fais des mélanges variétaux en blé, je n’ai plus de problème de rouille jaune et je ne mets plus de régulateur. »
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