Cultures

Un échec de désherbage coûte cher

La chimie seule ne suffit plus à contrôler les adventices. Les leviers agronomiques et mécaniques doivent être activés en fonction de la flore présente ou attendue.

Plus de 75 % des molécules utilisées en 1990 sont désormais interdites. L’Isoproturon vient de rendre les armes. Certaines adventices sont de plus en plus résistantes aux produits autorisés. « Des essais montrent que la rentabilité du désherbage sur une rotation de 4 ans (maïs, blé, colza, blé), est de 219 €/ha/an (25 % de pertes, en moyenne, dans une conduite sans désherbage, avec un pic de 55 % pour le maïs », indique Sébastien Grey, du groupe d’Aucy.

La qualité de la récolte peut également être impactée par un mauvais désherbage. La présence d’adventices peut entraîner des refus à l’usine : datura (blé noir), chénopodes (haricots) ou chrysanthèmes (carottes). « Un désherbage inapproprié accroît le stock de semences dans le sol. Un pied de ray grass produit de 500 à 5 000 graines, stockées dans le sol, pour les années suivantes. 10 pieds de véronique produisent jusqu’à 25 000 graines, avec une forte persistance dans le sol. Il faut donc viser le 100 % d’efficacité quels que soient les moyens utilisés ».

La Cecab et la Coop de Broons présentaient des innovations en cultures (plate-forme d'essais) et en élevage mardi dernier à Illifaut (22) sur différents ateliers. Près d'un millier d'agriculteurs ont visité le site.
La Cecab et la Coop de Broons présentaient des innovations en cultures (plate-forme d’essais) et en élevage mardi dernier à Illifaut (22) sur différents ateliers. Près d’un millier d’agriculteurs ont visité le site.

Faux semis performants

L’agronomie est un levier, par l’allongement des rotations, l’alternance de cultures d’automne et de printemps ou encore, l’intégration d’une culture fourragère quand cela est possible (3 coupes épuisent le chardon). La mécanique en est un autre. « Un faux semis réalisé en avril ou en septembre fait germer la très grande majorité des graines d’adventices présentes. L’idéal est de le faire trois semaines avant le semis de la culture. Ces périodes conviennent parfaitement pour le maïs et les céréales. Les herses étrilles sont très efficaces ». Les bineuses de dernière génération, dotées d’un système de guidage par caméra, sont de plus en plus performantes.

Un labour, tous les 3 à 4 ans a également un effet bénéfique. Les dates de semis ont également leur importance.« Il est conseillé de semer le blé entre le 25 octobre et le 15 novembre. Un semis trop précoce favorise la levée des graines de ray grass dans la céréale. Trop tardif, il compromet la marge ». La récupération des menues pailles est également conseillée. « Elles con- tiennent de nombreuses graines de ray grass, de coquelicots, de folle avoine, de matricaire ou de gaillet ». Encore faut-il connaître le coût du ramassage et son utilisation (compostage, méthanisation ?).

Machines à air comprimé

Le levier chimique reste indispensable en conventionnel. « Depuis 2 ans, 50 % des céréales sont désherbées en automne. Février reste une période favorable mais un traitement tardif (mars-avril) compromet le rendement : une baisse de 7 à 8 q/ha en moyenne (essais du groupe d’Aucy sur 4 années consécutives, sur blé) ». À l’avenir, la pulvérisation sera mieux localisée, grâce à des capteurs qui feront la différence entre la culture et les adventices et traiteront seulement ces dernières.

« La technologie existe ; le coût est encore élevé, mais dans 7 à 8 ans…. ». Sébastien Grey évoque également les machines à air comprimé qui projettent des particules fines (sables, déchets végétaux) sur les rangs de maïs. Les jeunes adventices sont détruites par les impacts alors que le maïs, plus développé, y résiste. Les avancées technologiques et l’agronomie permettront, de plus en plus, de limiter les volumes de produits phytosanitaires épandus.

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