À l'étranger

Irlande laitière : Être rentable sans crouler sous le travail

À l’heure où rien ne semble freiner l’augmentation de la production irlandaise, Dennis Drennan, ferait-il figure d’exception dans le paysage irlandais ?

En avril 2017, la production a augmenté de + 15 % par rapport à 2016. Mais cet éleveur de 37 ans fait le choix de l’économie et du contrôle de ses coûts de production. Jusque-là, Dennis Drennan trayait seul ses 70 vaches laitières. Avec ses 350 000 litres livrés par an, il s’en sort plutôt bien même si, quand le prix descend jusqu’à 21 centimes/ litre comme l’année dernière, il s’est fait quelques frayeurs.

Préserver sa qualité de vie

À l’origine, il a repris la ferme de ses parents, qu’il a spécialisée en lait en rachetant du quota progressivement. Il limite les dépenses de matériel au strict nécessaire. Le gros des investissements (2 x 30 000 euros) est allé dans la salle de traite qu’il a fait passer en 2 X 10. Pour faire pâturer ses bêtes, il ne dispose que d’une quinzaine d’hectares autour du bâtiment ; il doit donc compléter sa ration avec de l’ensilage d’herbe et du concentré de production (céréales, minéraux, soja, extraits d’agrumes…) préparé et livré par un fournisseur d’aliments (750 kg/VL/an, 220 euros/tonne).

Dennis Drennan, Éleveur
Dennis Drennan, Éleveur

Ses coûts de production restent peu élevés, aux alentours de 19 centimes/litres. Il aimerait développer plus le pâturage sur son exploitation. Autour de lui, l’hectare s’échange autour de 40 000 euros à l’achat et se loue 700 euros/an. Plutôt que d’agrandir la superficie de son exploitation, il a décidé de réduire son troupeau à 60 laitières. « Peut-être que je suis trop paresseux », blague-t-il, en faisant un clin d’œil. En fait, il s’est fixé comme objectif de préserver sa qualité de vie en maîtrisant ses coûts de production, notamment alimentaires.

Savoir calculer

Dennis Drennan garde en tête ce producteur de lait écossais qui, dix années en arrière, a sauté sur l’occasion qui lui était donnée de doubler sa production en récupérant du quota anglais. « Rapidement, il est passé de 120 à 250 VL, sans réfléchir à la charge de travail qui allait avec. En 2013, quand je l’ai revu, il venait juste d’avoir 43 ans mais en paraissait dix de plus. »

Dans son comté, cet éleveur regarde d’un air dubitatif ses voisins et amis augmenter le chargement à l’hectare ou acheter des terres. Il n’a rien contre les grands troupeaux, mais il se demande si, avant d’aller à la banque, ils ont bien calculé, comme lui l’a fait, leur retour sur investissement. Il conclut en résumant simplement sa philosophie : « J’aime mon métier, mais il faut qu’il soit rentable ».

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